La rencontre Gouvernement-Walis a pris fin, hier, à Alger. Reprise économique, soutien à l’investissement, création d’emploi, renforcement du pouvoir d’achat des ménages et réformes tous azimuts… Ce sont en fait les grands arbitrages post-pandémie qui semblent commencer avec, comme maîtres-mots, le soutien à la reprise de l’activité économique et la sortie de crise.

pAR Hakim Ould Mohamed
Le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune a donné, samedi, les sous-jacents macroéconomiques et microéconomiques de la politique économique post-pandémie. Au plan macroéconomique, il s’agit de surveiller de près les comptes publics, notamment extérieurs, maintenant que l’équilibre de la balance des paiements est en voie de rétablissement, soit vers la fin de l’exercice actuel. Cette évolution positive donnera, sûrement, au gouvernement de nouvelles marges de manœuvres qui lui permettront de s’investir pleinement dans l’amélioration de la situation microéconomique, laquelle s’est nettement détériorée dans le sillage de la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences sur les entreprises.
Le Président de la République a donné le la, annonçant, samedi, l’élimination de toutes les lois toxiques qui se dressent sur le chemin de l’investissement. Il s’agit d’accorder de nouvelles facilitations aux investisseurs dans le cadre de la révision de la loi sur l’investissement, l’engagement de mettre fin au casse-tête récurrent du foncier industriel avant la fin de l’année en cours, la dépénalisation de l’acte de gestion et la protection des fonctionnaires de l’Etat, la débureaucratisation de l’économie et la révision de la loi sur la monnaie et le crédit ainsi que l’ouverture du capital de certaines entreprises et banques publiques à même d’insuffler une nouvelle dynamique en matière de gouvernance et de management opérationnel. Abdelmadjid Tebboune a indiqué que les indicateurs fondamentaux migrent vers le vert, ce qui permettra de desserrer l’étau sur le budget et d’appréhender une année budgétaire 2022 avec moins de tensions. Le niveau du déficit budgétaire devrait baisser, alors que celui de la balance devrait se résorber cette année, selon les projections du Président de la République. L’Exécutif doit s’en servir pour réaffecter les ressources vers le soutien à la croissance et au développement afin de permettre à l’économie de se rétablir rapidement des effets néfastes du choc pandémique. Il faut s’attendre à ce que plusieurs mesures de relance, budgétaires et fiscales, interviennent dans le budget de 2022. D’autres interviendront sous forme de décrets et de lois distinctes destinées à assainir l’environnement direct dans lequel évoluent les entreprises.
Il s’agit, entre autres, de la révision de la loi sur l’investissement, du décret portant privatisation des entreprises et des banques publiques, du décret portant révision du code fiscal et de la loi sur la monnaie et le crédit. En réalité, l’élimination des lois toxiques qui handicapent l’économie relève d’une nécessité pratique, l’ajournement à plusieurs reprises des grandes réformes structurelles a retardé la sortie de crise et aggravé la fragilisation des positions financières internes et externes du pays. Le chef de l’Etat a longuement plaidé, samedi, en faveur du renforcement de l’offre interne en produits alimentaires et services ainsi qu’en faveur de la conquête des marchés extérieurs dans le but, à la fois, de rétablir durablement la balance des paiements et d’accélérer la diversification de l’économie et des sources en devises. Il était donc nécessaire d’accélérer les réformes tous azimuts afin de renforcer la résilience de l’économie algérienne face à d’éventuels nouveaux chocs externes. La rencontre Gouvernement-Walis, dont les ateliers ont examiné des questions capitales, à savoir l’adaptation des programmes de développement local, le développement territorial équilibré, les voies et moyens pour la redynamisation de l’investissement, la création de richesse et des emplois durables, la gestion des crises au niveau local et la refonte des modes de gestion des services publiques, a eu, pour ainsi dire, le mérite de relancer des chantiers de réformes maintes fois ajournés et de fixer un cap afin de soutenir la reprise et accélérer la sortie de crise. Reste à savoir à quel rythme ces réformes vont-elles être réalisées. <