C’est aujourd’hui que les députés auront à se prononcer sur l’avant-projet de loi sur la santé. Ce texte de loi, qui a fait l’objet de débats houleux à l’Assemblée populaire nationale (APN), a vu l’introduction de pas moins de 73 amendements émanant des formations de l’opposition.

La commission de la santé et de la réforme hospitalière de l’APN, qui a planché, plusieurs jours durant, sur les amendements en question, en présence du ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, n’a finalement «accepté aucun changement dans le fond du texte de loi». C’est en tout cas ce que nous ont affirmé, hier, les députés de cette commission, sollicités par nos soins. «Il y a eu quelques modifications de forme, mais dans le fond, l’avant-projet de loi est maintenu tel quel», a expliqué à ce propos Nadia Chouitem, députée d’Alger du Parti des travailleurs (PT) et membre de la commission santé. Son argument est que «par rapport à la gratuité des soins, au service civil et la sécurité sociale, le financement du système de santé, l’architecture et la nature du système de santé, il n’y a pas eu de changement. Le texte de loi garde sa substance et son fond tels que présenté par le ministre devant les députés», a-t-elle expliqué dans une déclaration à Reporters.
Selon elle, le Parti des travailleurs a proposé 48 amendements sur un total de 73 et n’a vu la satisfaction que de 4. Sollicitée à propos des amendements acceptés par la commission, la députée du parti de Louisa Hanoune précise à ce propos que «les membres de la commission ont accepté l’interdiction de la publicité pour le médicament envers le public directement.
Pour les femmes enceintes, ils ont accepté que ce soient les professionnels  de la santé qui déclarent l’accouchement et non la patiente, afin qu’il y ait une planification des accouchements au niveau des cliniques». La commission a aussi accepté,  selon la même source, «que le secteur public soit déployé à l’échelle nationale». La députée du PT, qui regrette que le texte «garde sa totale substance», fait état des amendements formulés par son groupe parlementaire et rejetés par la commission. «On a introduit des amendements en rapport avec le financement du secteur public, la préservation de l’équilibre des caisses de sécurité sociale et que l’Etat soit responsable du financement du secteur public», note-t-elle. Avant d’enchaîner : «On a souhaité que le système de santé soit basé sur le secteur public comme colonne vertébrale. C’était une option stratégique de l’Etat algérien abandonnée par cette loi.» Selon elle, «il y va de la survie du secteur public comme un secteur de santé qui répond aux besoins de la population et pas uniquement des médecins spécialistes et des conditions de travail des personnels de la santé. On est face à un problème plus profond et plus grave, en l’occurrence la survie du secteur public». De leur côté, les députés du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui ont introduit une dizaine d’amendements, ont regretté leur rejet par la commission de santé. Idem pour les parlementaires du Front de la justice qui ont, eux aussi, formulé dix amendements, tous rejetés.