PAR NAZIM B
Deux mois après avoir été reçu par le chef de l’Etat, le Front des forces socialistes (FFS) dit toute sa désapprobation à la démarche officielle visant à former «le front interne» qu’il estime «impossible» dans un contexte de «fermeture» des champs politique et médiatique.
C’est, en substance, le discours qu’a développé, hier, à Constantine, le premier secrétaire du parti, à l’occasion d’une activité organique qui a réuni les fédérations du vieux parti de l’opposition dans l’Est du pays.
«On ne peut pas parler d’un front interne et de sa cohésion alors que se poursuit la fermeture des champs politique et médiatique et on privilégie la vision unilatérale et le passage en force», a déclaré le responsable politique.
«Comment peut-on parler de la nécessité de consolider les rangs devant l’interdiction de toute forme d’encadrement réel et d’organisation libre de la société ?», s’est indigné le premier secrétaire du FFS, qui a dénoncé la promulgation de «lois qui entravent toutes les libertés fondamentales, violent les droits et détruisent l’esprit d’initiative populaire».
Réitérant sa demande pour «un dialogue global et inclusif», le vieux parti de l’opposition a mis en avant «les mesures d’apaisement claires, concrètes et indissociables» devant précéder toute démarche de dialogue, considérant qu’il s’agit là d’une démarche «incontournable» sur le chemin du «rétablissement de la confiance» .
Le FFS a pointé, sur le plan socio-économique, «la chute du pouvoir d’achat des Algériens, dans un contexte marqué par l’augmentation vertigineuse des prix de première nécessité et l’inflation galopante», mettant en garde sur la «tentation d’acheter la paix sociale» à travers des politiques de «replâtrage».
Pour le FFS, la solution, dans ce registre, passe par «un modèle économique consensuel selon une approche politique qui permettra d’exploiter tous les atouts du pays et œuvrant à créer de la richesse, des postes d’emploi pérennes, avec en ligne de mire la consécration de la dignité du citoyen algérien et la préservation de la dimension sociale de l’Etat algérien».
«Oui, c’est la responsabilité de tous. Mais c’est avant tout, la responsabilité du pouvoir et des décideurs, en premier lieu», a fait savoir l’orateur, qui a appelé les dirigeants à être à la hauteur de cet «instant crucial».
Qualifiant d’«inédite» la situation politique que traverse le pays «sur tous les plans», le premier secrétaire national du FFS a estimé que cette situation a été «aggravée par un contexte international et régional délicat qui s’accélère et s’assombri davantage», mettant en garde contre les «plans de déstabilisation» qui menacent l’Algérie et la région maghrébine, alors que «notre voisinage immédiat et lointain n’est pas à l’abri».
Pour lui, «ce n’est pas en les sous-estimant ou à travers des solutions superficielles» que l’on se prépare à faire face à ces évolutions dangereuses, mais «en faisant preuve de raison, de logique et de responsabilité pour élaborer une vision nationale consensuelle, capable de s’étendre pour constituer une vision régionale commune».
Sur le plan organique, M. Aouchiche a évoqué le congrès qu’organisera le parti les 29, 30 septembre et 1er octobre, misant sur un rendez-vous «rassembleur» au niveau interne et un «événement national politique» «porteur de réponses pour tous les problèmes que vit le pays». n