Le Premier ministre Abdelaziz Djerad a confirmé, hier, la démarche prudentielle de l’Algérie pour l’acquisition du vaccin contre le coronavirus, évoquant la nécessité de réunir toutes les conditions avant de se lancer dans cette opération.

«Concernant l’achat du vaccin contre le coronavirus, il y a eu depuis quelques mois des contacts avec certains laboratoires, mais nous voulons maîtriser toutes les conditions pour son acquisition», a déclaré le chef de l’Exécutif sur les ondes de radio Médéa, ville où il était en visite de travail pour procéder au coup d’envoi de l’année de la formation professionnelle, qui intervient après celles de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur.
M. Djerad a insisté, par la même occasion, qu’il s’agit «d’une lourde responsabilité» que prendront les autorités publiques, rassurant quant à la préparation de l’Algérie sur ce front. «Ce qui est sûr, c’est que nous serons au rendez-vous dès que le vaccin sera validé», a-t-il indiqué, au moment où certains pays, à travers le monde, ont entamé le processus de vaccination tandis que d’autres préfèrent ne pas s’empresser pour éviter un vaccin porteur de contre-indications aux conséquences parfois mortelles.
Concernant la gestion de cette opération de vaccination, M. Djerad a souligné qu’une «équipe s’attelle à organiser le processus» pour permettre aux citoyens de se vacciner dès que le pays acquiert le produit attendu. Il faut souligner, dans ce registre, que parmi les laboratoires avec lesquels l’OMS a signé des contrats et dont les résultats sont connus après avoir été publiés, il y a le laboratoire Astra Zeneca qui est déjà présent en Algérie et dont les responsables ont déjà été reçus par le ministre de la Santé, dans le cadre des consultations menées pour l’acquisition de l’anti-Covid-19 depuis l’été dernier.
«Le vaccin de ce laboratoire présente, si l’on peut dire, l’avantage d’être un vaccin à base de virus mort et non à l’ARN messager dont nous ne connaissons pas les effets jusqu’à l’heure», déclarent les professionnels de la santé, qui estiment son choix «possible», d’autant que «ses conditions de conservation et de distribution répondent au système et aux infrastructures que nous avons dans le pays, nécessitant une réfrigération et non pas les contraignantes conditions de congélation».
De son côté, l’OMS, qui chapeaute l’initiative Covax à laquelle a adhéré l’Algérie, a entamé, il y a quelques jours, des négociations avec deux laboratoires fabricants de l’anti-Covid-19, à savoir Pfizer et Moderna, pour obtenir des doses supplémentaires de vaccins au profit des pays à revenu faible ou intermédiaire. Une démarche qui répondrait au souci exprimé par certains, dont l’Algérie, de voir l’acquisition de ce vaccin corser les inégalités entre les pays développés et ceux qui ne le sont pas.
Le Premier ministre est revenu, par ailleurs, à partir de Médéa, sur la gestion de ce contexte pandémique, estimant que le pays a privilégié «une approche scientifique», rendant un hommage appuyé aux corps médical dans ces différents niveaux qui «accomplit un travail énorme» depuis l’apparition de la pandémie. M. Djerad a réitéré, également, son appel à l’adresse des populations pour éviter tout relâchement en matière de prévention, expliquant que «même si les chiffres quotidiens de la contamination sont en décrue graduelle, la vigilance doit être de mise, tant le virus est toujours dans notre espace». Il a appelé, dans ce sens, lors de la distribution d’ambulances médicalisées au profit d’établissements hospitaliers, à «redoubler de vigilance et à veiller au strict respect des recommandations de préventions contre la pandémie de la Covid-19», assurant que le Gouvernement «a pu faire face à cette pandémie avec responsabilité et une grande volonté pour freiner sa propagation et préserver la vie des citoyens». <