De nouvelles mesures seront prises dès janvier 2023 pour faire baisser les prix des viandes, a affirmé le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni.

PAR NAZIM B.
Ces mesures dépendent cependant de l’achèvement du recensement général du cheptel à travers l’ensemble du territoire national, entamé le 13 novembre dernier et qui sera clôturée le 25 décembre en cours.
Les résultats de cette opération seront connus le 31 décembre, ce qui permettra de «constituer une base de données numérique et des informations exactes et détaillées sur le cheptel, outre l’établissement du nombre d’éleveurs, en vue de pouvoir apporter un soutien à ceux qui le méritent véritablement», a récemment indiqué le ministre.
Sur la base des résultats de cette opération, plusieurs mesures «plus efficaces» seront prises en vue de faire baisser les prix des viandes, a expliqué M. Henni, ajoutant que son secteur s’attelait à réduire le nombre d’intervenants de la chaîne de production et de commercialisation et à intensifier les efforts pour éradiquer la spéculation.
Il a estimé que la hausse des prix des viandes rouge et blanche est «injustifiable» compte tenu des «capacités de production suffisantes, outre la garantie de bétail à des prix subventionnés ainsi que le soutien de l’Etat dans ce domaine».
Le ministre a fait part également du plafonnement des prix des viandes blanches en vue de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, relevant en outre l’élargissement du réseau de distribution publique à travers la conclusion de conventions avec le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations.
Les mesures promises succèderont ainsi à celles déjà annoncées par différents responsables sans que les choses évoluent dans le sens espéré par le consommateur dont le pouvoir d’achat ne cesse de s’éroder.
Le Directeur général de l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), Lamine Derradji, a déclaré, la semaine passée, que le ministère de l’Agriculture avait accordé un délai d’un mois pour contrôler les prix de la viande rouge «avant de recourir aux importations, à compter de la mi-janvier 2023».
Objectif déclaré, inonder le marché «rythmé par la spéculation» et provoquer la baisse des prix pour qu’il «ne dépasse pas 1 200 dinars le kilogramme». Le même responsable a relevé qu’à travers la démarche d’inonder le marché et d’assurer l’approvisionnement et le contrôle du marché, l’Algérienne des viandes a bénéficié d’une licence exclusive pour commercialiser la viande bovine fraîche en quantité contrôlée dès janvier prochain. Ce qui a été suivi par un appel d’offres international pour l’importation de veaux lancé par Alviar.
Si du côté des viandes rouge et blanche, il faudra attendre au moins janvier pour espérer voir les prix baisse, du côté des produits halieutiques, les choses semblent aller plus vite.
Et pour cause, les pouvoirs ont déjà mis en place des mesures visant à fixer les prix pratiqués sur le marché du poisson, du moins certaines espèces.
Dans cette démarche visant à réguler le marché du poisson, des points de vente, concernant dans un premier temps le poisson rouge, avec des prix fixes, sont ouverts dans plusieurs wilayas.
Résultat d’une coordination entre les chambres de pêche et de l’aquaculture et les directions de pêches et de l’aquaculture dans les wilayas, des points de vente, proposant la daurade royale petite taille à 990 DA, la daurade grande taille à 1 090 DA le kilo et le tilapia rouge à 550 DA, ont été ouverts dans plusieurs wilayas avant d’élargir cette opération à l’ensemble du territoire national. «Au titre des efforts visant à assurer la disponibilité du poisson», plusieurs directions de la pêche de la wilaya, en coordination avec les chambres locales de la pêche, ont annoncé l’ouverture de «points pour la vente directe de la daurade royale et du tilapia rouge de l’éleveur au consommateur».
Le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Hicham Sofiane Salaouatchi, a souligné que son département s’employait à mettre en place un mécanisme de régulation du marché, assurant que l’ouverture des points de vente des poissons «s’inscrit dans la durée» avec l’objectif de permettre au citoyen d’acheter ces produits «à des prix abordables et d’œuvrer à lever le monopole sur certains produits de la pêche». n