Par Salim Benour et Milina Kouaci
Le dossier des dispositifs de pré-emploi qu’a examiné le Conseil des ministres, dimanche dernier, en vue d’une régularisation de ses bénéficiaires et de leur insertion par des contrats de travail CDI, était en maturation depuis plusieurs mois. Fin février dernier, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la sécurité sociale, Youcef Chorfa, l’avait abordé pour affirmer que ces dispositifs temporaires allaient être unifiés avec des contrats CDI.
« il y a actuellement deux dispositifs qui sont opérationnels et fonctionnels, à savoir le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP) et le dispositif d’activités d’insertion sociale (DAIS) qui vont être unifiés pour être remplacés ou reconvertis graduellement par un dispositif consistant en la mise en place de contrats à durée indéterminée, inscrits au niveau de la Fonction publique, et ce à la faveur de l’instauration de l’allocation-chômage », avait-il expliqué lors de son passage à la radio chaine 3, le 27 février dernier.
M. Chorfa avait rappelé que le DAIP concerne les diplômés et non diplômés, dont plus de 47% bénéficient déjà de postes définitifs au niveau des administrations, alors que le reste le seront prochainement, précisant que ce dispositif d’emploi temporaire devrait disparaitre à la fin 2023.
Pour ce qui est du DAIS, il concerne les personnes en situation de précarité sociale qui sont dans des postes temporaires, avait relevé le ministre, citant les exemples notamment des femmes de ménage dans les cantines scolaires et dans certains services dans les établissements de l’Education nationale, le personnel dans les structures de nettoiement et certains employés au niveau des guichets qui perçoivent moins de 6 640 dinars et qui ne bénéficient que d’une couverture de santé.
Le ministre du Travail avait également indiqué que les contrats des personnes inscrites au DAIS allaient « être reconvertis à la faveur d’un relèvement de salaire avec 6 900 dinars en plus par mois, en sus d’une prise en charge au niveau de la CNR (Caisse nationale des retraites) », précisant que le DAIS (dispositif géré par le ministère de la Solidarité nationale) devrait disparaître dans les mois prochains, peut-être en juin 2022.
Le 17 mars dernier, en séance plénière de l’APN, il avait redit que « le gouvernement est déterminé à parachever l’opération d’insertion des bénéficiaires des dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP) et d’insertion sociale des jeunes diplômés (PID) sans distinction entre les secteurs public et privé, et ce avant le 31 décembre 2023 »
Les titulaires de contrats pré-emploi dans le secteur de l’éducation, qui devront être régularisés, avant la fin de mai 2022, principalement dans le primaire où ils sont les plus nombreux, sont estimés à une centaine de milliers, un chiffre à vérifier cependant, en raison de sa fluctuation.
Il y a lieu de préciser que les enseignants contractuels de l’éducation, qui sont au nombre de 18 000, selon la Coordination nationale des enseignants contractuels ne sont pas concernés par l’insertion. Ces enseignants ne sont pas recrutés par une formule de pré-emploi, mais par des contrats à durée déterminée (CDD), sur des fonctions d’enseignement et d’éducation. Le contrat est signé entre le directeur de l’académie et le contractuel pour une durée maximale d’une année scolaire, lors d’une affectation sur un poste resté vacant après le mouvement du personnel titulaire ou pour une durée égale à celui d’un remplacement en cas de recrutement pour pallier l’absence d’un enseignant momentanément absent. Les enseignants contractuels demandent la régularisation comme les jeunes employés dans le cadre des dispositifs de pré-emploi.