Le président de l’Assemblée populaire nationale(APN) Saïd Bouhadja tente de trouver une issue à la contestation née autour de l’avant-projet de règlement intérieur de l’APN. C’est dans cette optique qu’il rencontrera, cette semaine, les présidents des groupes parlementaires représentés à l’APN.

L’objectif étant d’arriver à un compromis autour du projet de loi sur le règlement intérieur, rejeté par l’ensemble des groupes parlementaires. « Bouhadja a appelé plusieurs chefs de groupe  parlementaire pour les inviter à une rencontre consensuelle autour du règlement intérieur », révèlent des députés, contactés par nos soins. Selon ces derniers, le président de l’APN « a promis de rédiger un nouveau règlement intérieur en collaboration avec les différents groupes parlementaires et qui devra contenir leurs propositions ». Tout comme il a promis d’accorder une attention particulière aux amendements proposés par les députés. Le bureau de l’APN avait, en effet, reçu 133 amendements sur l’ensemble des dispositions du règlement intérieur émanant de toutes les formations politiques représentées à l’APN.  Selon des députés contactés par Saïd Bouhedja, le président de l’Assemblée nationale s’est voulu « apaisant et ouvert ». Son ton rassurant tranche, selon eux, avec la fermeté lors du débat en plénière du projet de règlement intérieur. « Il nous a dit qu’il sera à l’écoute de l’ensemble des critiques et propositions des députés et prendra toutes nos remarques en considération », a soutenu notre interlocuteur. Mais d’ores et déjà, les présidents des groupes parlementaires ont posé leurs conditions pour prendre part à la rencontre de cette semaine. La première condition est la suppression des retraits sur salaire du député en cas d’absentéisme. « On lui a dit que nous ne sommes pas des enfants et nous ne pouvons assister obligatoirement aux plénières et aux travaux des commissions puisque nous sommes aussi appelés à être sur le terrain », confie un député du Front de libération nationale (FLN). L’autre condition des parlementaires est de fixer à un mois le délai de réponse des ministres aux questions orales et écrites des députés. « Nous lui avons dit qu’il est inconcevable que la Constitution énonce clairement ce délai et que le règlement intérieur l’ignore. » Les députés ont également fait part à Bouhadja de leur mécontentement par rapport à l’exclusion de tamazight dans les prises de parole à l’APN. « Le règlement intérieur est en violation de la Constitution. Vous ne pouvez pas interdire ce que la Constitution a permis », ont soutenu des députés. Un autre point de discorde, soulevé par les parlementaires, concerne le retrait de la parole au député qui l’a prise sans permission, perturbant ainsi le débat. « Nous refusons cette disposition selon laquelle il est interdit au député de prendre la parole après trois avertissements, pour propos violents, attitude ayant gravement perturbé l’ordre dans la salle,  provocation ou menace proférée à l’encontre d’un collègue lors de la séance », note un député du Parti des travailleurs(PT) qui estime que cette disposition pèche par son manque de clarté. De même que des députés du RCD ont dénié le droit au président de la séance d’interrompre l’intervention d’un député s’il « porte atteinte aux principes de la société algérienne ». « Cela ne veut rien dire, il faut qu’il y ait de la précision dans cette disposition », soutiennent-ils. La rencontre de cette semaine avec Saïd Bouhedja s’annonce houleuse et les députés promettent de se faire entendre.