Ils appellent à la «nomination immédiate» d’un envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara Occidental.

L’Algérie et l’Afrique du Sud parient sur l’action de l’Union Africaine (UA) et des Nations unies pour le règlement des conflits et des foyers de tension en Afrique. C’est ce qui ressort de la visite de deux jours que le chef de la diplomatie Sabri Boukadoum a effectuée à Pretoria, une visite prévisible en raison de la qualité du bilatéral algéro-sud-africain et de la convergence de vues qui le caractérisent en ce qui concerne les grands dossiers internationaux et africains en particulier.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a eu, hier mardi, des consultations «approfondies» avec son homologue sud-africaine, Naledi Pandor, ministre des Relations internationales et de la Coopération, dans le cadre de sa visite de travail en Afrique de Sud. Les deux ministres «ont relevé avec satisfaction la convergence de leurs positions privilégiant la voie de la légalité internationale et le règlement pacifique des crises et conflits» en cours dans le continent africain.
A cet égard, ils «ont passé en revue les derniers développements des principaux foyers de tension sur le continent, y compris les situations prévalant en Libye, au Sahara Occidental, au Mali et dans les régions du Sahel, du Centre et de la Corne de l’Afrique, et mis l’accent sur l’impératif de redoubler les efforts en vue de faire aboutir les principaux et nobles objectives de l’Union africaine visant à «faire taire les armes» et «faire de l’Afrique un continent sûr et prospère». Pour ce qui est du conflit au Sahara Occidental, qui a connu des développements rapides depuis l’annonce par l’administration américaine sortante de se lancer dans un «processus» d’installation d’une représentation consulaire à Dakhla au mépris de la légalité internationale, les deux ministres «ont exprimé leur vive préoccupation face au regain de tensions et la reprise de la confrontation armée entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario, dans les territoires sahraouis occupés».
Sabri Boukadoum et Naledi Pandor ont souligné «la nécessité pour l’Union africaine et l’Organisation des Nations Unies de conjuguer leurs efforts afin d’initier un véritable processus politique pour le règlement définitif de ce conflit et permettre au peuple sahraoui d’exercer pleinement son droit inaliénable à l’autodétermination et l’indépendance à travers un referendum juste et transparent, conformément aux décisions et résolutions pertinentes de l’UA et de l’ONU», selon le communiqué du MAE.
Les deux ministres ont réaffirmé leur «plein appui» à la nomination immédiate d’un nouvel envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental, un poste vacant depuis la démission de l’ancien émissaire, l’Allemand Horst Kohler, en mai 2019. Ils se sont déclarés «gravement préoccupés par l’escalade des tensions militaires dans les territoires occupés». Ils ont, en outre, réaffirmé à cet égard «leur position qui consiste à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui assurera l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, à travers la tenue d’un référendum libre et équitable, conformément à la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité et des résolutions ultérieures».
D’après les déclarations des chefs des diplomaties algérienne et sud-africaine, on devrait assister à une réactivation du duo Alger-Pretoria sur la scène africaine et internationale sur ce dossier mais également en relançant les projets de coopération bilatérale «dans les domaines économique et commercial, en vue de la hisser au niveau des excellentes relations politiques et répondre aux attentes et aspirations des deux peuples frères à la paix et au bien-être», indique la même source.
Les deux parties ont, à cet effet, décidé d’«accélérer la finalisation des projets d’accord en cours de n1égociation pour consolider le cadre juridique régissant la coopération bilatérale, en prévision de la prochaine session de la Haute commission binationale». Elles ont, également, décidé de «mettre en place les mécanismes nécessaires à même de promouvoir les échanges entre les communautés d’affaires des deux pays afin d’exploiter les potentialités considérables que recèlent les économies des deux pays». <