La croissance devrait être de retour dans les pays exportateurs de pétrole de la région Moanap (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan), si l’on se réfère au dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Christine Lagarde table en effet sur un rebond de croissance en 2018 et 2019, tirée essentiellement par la hausse de la production pétrolière et un affermissement de l’activité hors hydrocarbures.

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques de la région, publié hier, le FMI dit constater une amélioration des positions financières des pays exportateurs de brut, un progrès à mettre exclusivement au compte de la remontée des cours du brut de ces derniers mois.
Par conséquence, les soldes extérieurs et budgétaires en 2018-19 se sont améliorés, alors que la reprise de l’activité non pétrolière devrait se poursuivre, grâce au ralentissement des rééquilibrages budgétaires, tandis que la production de pétrole reprend dans les pays disposant de capacités non utilisées. Globalement, malgré une nette dégradation des perspectives de l’Iran en raison de la réimposition de sanctions imposées, les pays exportateurs de pétrole de la région devraient afficher une croissance de 1,4 % en 2018 et de 2 % en 2019, selon les prévisions du FMI. La croissance dans les pays exportateurs de pétrole non membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) devrait ralentir à 0,3 % en 2018, contre 3 % l’année précédente, avant de se reprendre timidement à 0,9 % en 2019, selon les mêmes projections.
Dans les pays du CCG, la croissance devrait se redresser pour atteindre 2,4 % en 2018 et 3 % en 2019, après un repli en 2017. Cela s’explique par un redressement de l’activité hors pétrole, à la faveur d’un ralentissement du rythme de l’assainissement des finances publiques, et par une augmentation de la production pétrolière. Dans le registre des pays importateurs de pétrole de la région Moanap, la croissance évoluera à un rythme modeste de 4,5 % en 2018, avant de retomber à 4 % en 2019, anticipe le fonds. Cette croissance est toutefois hétérogène, puisque trois quarts environ de ces pays devraient enregistrer une croissance inférieure à 5 % à moyen terme, soit un niveau trop bas pour résoudre les problèmes d’emploi et répondre aux besoins de développement, relève le FMI. Les experts de Washington estiment que la hausse des cours du pétrole neutralise aussi en partie l’embellie des soldes extérieurs et budgétaires de ces pays. Cependant, «des risques multiples et interdépendants assombrissent les perspectives de la région Moanap», selon le Fonds qui cite à ce propos le durcissement des conditions financières mondiales, l’exacerbation des tensions commerciales et géopolitiques et les retombées des conflits régionaux. Des risques qui, de l’avis de l’institution de Bretton Woods, pourraient provoquer une dégradation du climat sur les marchés financiers et une accentuation de la volatilité de ces derniers, ce qui aggraverait les problèmes de financement des pays ayant un endettement ou des besoins de refinancement considérables. Au tableau des recommandations, le FMI appelle à poursuivre les réformes et le rééquilibrage budgétaire afin de renforcer leur marge de manœuvre, de préserver la viabilité et d’assurer une plus grande équité entre les générations. «Les perspectives et les risques grandissants mettent en évidence la nécessité de redoubler d’efforts pour porter la croissance à des niveaux synonymes de créations d’emplois suffisantes pour le bien de tous «, souligne le rapport. Dans ce contexte, les pays devraient élargir l’accès aux services financiers, renforcer la gouvernance, améliorer les résultats scolaires et assouplir le marché du travail, notamment dans les pays du CCG, recommande encore le FMI.