La crise sanitaire et ses conséquences sur les économies dans le monde continuent de préoccuper les analystes et prévisionnistes. Tous sont d’accord sur l’évidence que si le contexte exceptionnel créé par la propagation de la Covid-19 se poursuit, il y a aura des dégâts plus importants sur l’activité d’entreprise et l’emploi. Ce constat est d’ailleurs établi en ce qui concerne la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA) où l’aggravation de la courbe épidémique pourrait empêcher la reprise tant souhaitée.
Selon un rapport de Capital Economics, cité par l’APS le 28 août dernier, une nouvelle montée de l’épidémie au cours des semaines et des mois à venir «entraînerait un resserrement des restrictions, conduisant à des défis encore plus grands que prévus pour la reprise économique».
«Des données récentes ont déjà montré que le chômage en Egypte a augmenté, et une enquête de la Chambre de commerce de Dubaï a montré que plus de 75% des entreprises de voyages et de tourisme pourraient fermer leurs portes d’ici la fin de l’année», selon le rapport repris par l’agence de presse. Ses auteurs notent que si les mesures barrières ont permis d’enregistrer de bons résultats dans la région du Golfe, où on a recensé environ 80% de nouveaux cas entre avril et mi-juillet, des craintes sont exprimées dans un pays comme les Emirats où des «niveaux plus élevés» de contamination sont observés depuis la mi-juillet.
«Les autorités ont déjà prévenu que si les choses continuent à se détériorer, elles pourraient réimposer le couvre-feu national et les programmes de stérilisation, avec des retombées négatives sur l’économie du pays». «Dubaï est l’économie la plus vulnérable de la région aux mesures de distanciation sociale, aux interdictions de voyager et aux verrouillages», observe Capital Economics. James Swantson, économiste, prévient «qu’il y a un risque réel que la crise déclenche de nouveaux problèmes d’endettement dans l’émirat».
Quant à l’Egypte, ce pays, qui a enregistré une augmentation de nouveaux cas quotidiens à la fin mai et au début juin, semble connaître, selon la même source, une décrue qui devrait réactiver des pans entiers de son économie, notamment le tourisme et les activités annexes ainsi que l’informel qui demeure d’un poids considérable, selon une note récente de l’OIT sur les conséquences de la Covid-19 sur le monde du travail. «Le nombre de nouveaux cas quotidiens est passé d’une moyenne de près de 1500 à moins de 200», selon Capital Economics.
Selon ce centre de recherche indépendant basé à Londres, d’autres pays de la région comme le Maroc, la Tunisie, la Jordanie et le Liban, qui ont vu le virus se propager rapidement ces dernières semaines, sont « les plus vulnérables de la région à un nouveau resserrement des mesures d’endiguement, et les reprises pourraient s’avérer encore plus faibles», selon son économiste James Swantson.
«Au Liban, les blessures et les décès à grande échelle résultant de l’explosion de Beyrouth au port au début du mois ont mis à rude épreuve un système de santé déjà sollicité, incitant les autorités à imposer un verrouillage partiel et des couvre-feux nocturnes», indique-t-il.
L’Algérie, qui n’est pas citée dans la dépêche de l’APS, affronte elle aussi les mêmes difficultés économiques dans une conjoncture particulière de recul des recettes pétrolières et d’aggravation du poids du coût socio-économique engendré par la crise sanitaire. Le pays espère en sortir en pariant sur le plan de relance annoncé récemment par le gouvernement Djerad.