La guerre en Ukraine assombrit les perspectives des économies les plus pauvres du Moyen-Orient, les pays exportateurs de pétrole bénéficiant quant à eux de l’envolée des prix de l’or noir, selon le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport publié mercredi, le dernier en date, l’institution de Washington a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) à 5% en 2022, contre 4,1% en octobre. Cette amélioration masque toutefois des disparités importantes parmi les 22 pays de la zone incluant l’Iran mais pas Israël. «Avant la guerre en Ukraine, l’économie de la région montrait des signes de forte reprise (…) Le seul bémol était l’inflation qui a commencé à augmenter en 2021 et est restée élevée», a expliqué à l’AFP Jihad Azour, le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI. L’inflation a atteint 14,8% en moyenne en 2021 et devrait s’établir à 13,9% cette année. Le conflit en Ukraine «affecte directement et indirectement» la région avec en particulier l’augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Les pays les plus pauvres de la région, importateurs de blé venant de Russie et de l’Ukraine, sont «sous pression en termes de sécurité alimentaire», a-t-il ajouté. Les économies dites à faibles revenus, incluant le Yémen, le Soudan, la Mauritanie, la Somalie et Djibouti, devraient connaître une inflation de 141% en 2022, avec une croissance de seulement 1,1%. Les pays à revenus intermédiaires et les marchés émergents, comme l’Egypte, la Jordanie, ou encore le Maroc, connaîtront une croissance plus vigoureuse, à 4,4%. Mais leurs Etats disposent de moyens limités pour faire face à la flambée des prix, tandis que les incertitudes géopolitiques accroissent leurs coûts de financement sur les marchés internationaux, prévient le FMI. L’envolée du brut soutient en revanche le rebond des économies des pays exportateurs de pétrole, notamment ceux du Golfe aux forts taux de vaccination contre le Covid-19 et dotés de divers programmes de relance, a affirmé M. Azour. C’est notamment le cas de la plus grande économie du monde arabe, l’Arabie saoudite. Le PIB du royaume, l’un des principaux exportateurs de pétrole au monde, devrait croître de 7,6% en 2022.