Par Nadir Kadi
Le Directeur général des enseignements et de la formation supérieure au ministère de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, Boualem Saïdani, est revenu hier sur le projet de réforme de la formation des médecins.
Le responsable, ancien recteur de l’université de Bejaïa, a, en ce sens, fait savoir sur les ondes de la Radio nationale Chaîne III, que la durée totale d’un cursus dans une université de médecine pourrait passer de 7 à 9 ans de formation. Un moyen, selon, Boualem Saïdani, d’adapter la médecine aux évolutions constatées dans le monde, mais aussi de mettre à niveau un secteur largement impacté par la pandémie.
Projet de réforme, dont les prémisses remonteraient à l’année 2015, aurait depuis bénéficié de «collaboration avec des institutions internationales» et déjà abouti à une refonte du «contenu pédagogique des quatre premières années de médecine».
Il est cependant indiqué que la mise en œuvre effective du projet ne devrait pas encore concerner les étudiants inscrits : «Je précise que tous les étudiants déjà en route ne sont pas concernés par cette nouvelle architecture encore en discussion». Le principal axe des réflexions de réforme serait en ce sens l’augmentation de la durée de formation des médecins, Boualem Saïdani déclare à ce titre : «Il y a plusieurs schémas possibles (…) Nous étudions les systèmes existant à travers le monde. Oui, il y a un glissement vers des formations plus longues, généralement Bac+9 pour une spécialisation (…) Nous n’aurons plus de médecins généralistes, mais des médecins généralistes spécialistes». La durée actuelle pour la formation d’un généraliste est, pour rappel, de sept années.
L’action des responsables se concentrerait aujourd’hui sur des études de faisabilité au travers de deux commissions mixtes entre les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur : «Nous avons organisé des réunions de coordination entre les deux ministères (…) Quatre dossiers sont à l’ordre du jour, notamment la création de deux commissions de coordination hospitalo-universitaire» ; une au niveau local, les CHU (…) et la seconde, avec un caractère national.» Ces instances consultatives, «forces de proposition» pour les deux ministères, «ont la charge d’identifier les difficultés de fonctionnement au niveau des CHU et facultés de médecine (…) tout en assurant la veille sanitaire et le suivi de la formation au niveau local et national».
Quant aux raisons et motivations d’une telle réforme, elles seraient aujourd’hui renforcées par la situation traversée lors de la pandémie. Ainsi le responsable laisse entendre que les médecins ne sont, à l’heure actuelle, pas suffisamment formés pour certaines situations. «La refonte de la formation en médecine est vitale», déclare ainsi Boualem Saïdani, avant d’ajouter entre les lignes que la situation épidémiologique a montré les limites du système.
«Nos programmes datent de plus de trente ans, il est temps et obligatoire de revisiter ces programmes pour les adapter aux besoins de la société (…) et qu’ils prennent en considération les évolutions du savoir médicale. La pandémie de la Covid-19 nous a perturbé, mais nous donne raison d’avoir pensé à revisiter nos programmes d’enseignement», a-t-il dit. Et la même logique de réforme s’appliquerait en ce qui concerne la prise en charge de pathologies, telles que «le cancer, les maladies cardio-vasculaires ou encore la gériatrie …» ; l’ouverture de cette dernière branche devenant «inévitable avec le vieillissement de la population».