Comme décidé lors de sa réunion du 4 février, l’Intersyndicale a animé hier une journée d’étude consacrée à «la non-constitutionnalité de la réforme de la retraite», un événement auquel ont pris part de nombreux travailleurs et syndicalistes.

C’est en prévision de sa future action, qui est de saisir le Conseil constitutionnel pour l’annulation de la réforme de la retraite adoptée le 30 novembre 2016, que l’Intersyndicale a organisé cette rencontre. «Il s’agit aussi de montrer que nous sommes toujours mobilisés et que nous maîtrisons bien la question de la retraite, contrairement à ce que le gouvernement essaye de faire croire aux citoyens. Nos arguments sont solides et de nombreuses solutions existent pour maintenir la retraite sans condition d’âge et préserver la Caisse nationale des retraites», nous a déclaré le porte-parole du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique, Makhlouf Labziz. Cette journée d’études a aussi été l’occasion pour l’Intersyndicale de sensibiliser les parlementaires à sa cause. «Pour saisir le Conseil constitutionnel, il est impératif de réunir les signatures de 50 parlementaires en activité», nous a affirmé le porte-parole du Conseil des lycées d’Alger (CLA), Idir Achour.
Après avoir enchaîné grèves et sit-in de protestation, l’Intersyndicale a marqué une pause le temps de réétudier sa stratégie, en plus de lancer une pétition pour l’annulation de la réforme de la retraite. Les syndicats autonomes annoncent leur volonté de saisir le Conseil constitutionnel pour dénoncer «l’illégalité du contenu de la nouvelle loi sur la retraite qui ne consacre pas l’égalité entre les Algériens qui est un principe de la Constitution», a affirmé Idir Achour. Avant d’ajouter : «On voit qu’il y a déjà trois types de caisses de retraite. Il y a plusieurs modes pour avoir le droit à la retraite et dans les deux cas de figure, il y a toujours l’inégalité d’accès à la retraite entre les citoyens algériens». Jugeant cette loi «discriminatoire», le syndicaliste nous a déclaré : «Nous sommes face à une logique qui divise. Il y a des lois destinées à ceux d’en haut et d’autres à ceux d’en bas, les travailleurs. Et il y a une grande différence en termes d’avantages.» Concernant la journée d’études animée par de nombreux spécialistes de la question du travail et de la retraite, à l’image de Nourredine Bouderba, ancien syndicaliste, expert des questions sociales, l’Intersyndicale a voulu marquer son retour sur le front. «Il s’agit d’éclairer l’opinion publique et de médiatiser notre action car nous voulons faire les choses dans la transparence.
Saisir la loi n’est qu’une étape de notre stratégie de lutte. Comme cela a été démontré à plusieurs reprises, le gouvernement ne cède que face à la pression et jamais face à des démarches légales», a soutenu Idir Achour. Aussi, notre interlocuteur n’a pas exclu l’éventualité de la reprise des mouvements de protestation, à savoir les grèves.
«La reprise de la grève n’est pas exclue, mais avant cela, il est nécessaire de présenter publiquement l’ensemble de notre argumentaire, car c’est au citoyen de juger des actions de notre prochaine bataille», a-t-il conclu.