PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale devrait lancer immédiatement, sur instruction du président de la République, une large consultation dans l’objectif d’aboutir à une vision unifiée sur le phénomène de la surcharge du cartable et à l’adopter. Abdelmadjid Tebboune a également demandé d’introduire la langue anglaise dans le cycle primaire, ainsi que la révision des programmes d’enseignement. Des annonces accueillies avec soulagement parmi les syndicats enseignants et les parents d’élèves parce qu’elles font partie des revendications principales du partenaire social. Cela fait des années que les syndicats réclament la révision des programmes, notamment dans le cycle primaire, rappelle le porte-parole de l’Unpef, Abdelouhab Lamri Zegar. Néanmoins, il trouve plus pertinent d’évaluer dans les meilleurs délais les programmes scolaires que d’attendre deux ou trois ans pour la concrétisation de cette révision. «Il faut aller vite, car le programme dispensé ne convient pas avec les capacités cognitives de l’élève». Pour lui, il est temps d’élaborer un programme «en fonction des objectifs assignés à la réforme et aussi des orientations contenues dans la loi de l’orientation scolaire de 2008, pour un système éducatif performant et une école de qualité».
Une position partagée par le président de Majal, Boudjemâa Chihoub. La moyenne requise pour la révision des programmes scolaires est de 10 années. «Il est temps d’évaluer les manuels scolaires de 2e génération et de les réviser», plaide M. Chihoub. Il indique que lors d’un tête-à-tête, le 16 février, avec le ministre de l’Education, ce dernier a promis de lancer ce chantier avec l’allégement du poids du cartable devenu un problème de santé publique. Abdelhakim Belabed avait installé, en novembre 2021, la commission nationale de la révision des programmes scolaires à partir de leur conception, leur élaboration et jusqu’à leur évaluation. «Nous demandons de faire partie de la commission nationale de la révision des programmes ou d’être associés à la concertation, l’éducation est une affaire des enseignants aussi», estime le président de Majal.
S’agissant de l’introduction de l’anglais dans le cycle primaire, le porte-parole de l’Unpef indique que ce n’est pas quelque chose de nouveau. A l’époque de Ali Benmohamed, l’élève avait le choix entre deux options, l’anglais ou le français, mais l’expérience de l’anglais au primaire n’a pas duré longtemps. «Nous sommes pour l’introduction de l’anglais dans le primaire, à condition de préparer les enseignants, les encadreurs et les inspecteurs pour réussir cette expérience loin de toute improvisation», plaide M. Zegar. Chihoub est pour sa part pour la substitution du français par l’anglais. «C’est une langue de recherche et de savoir. Pourquoi ne pas l’adopter dans les écoles primaires ?», s’interroge notre interlocuteur.

Satisfecit des parents d’élèves
L’Union nationale des parents d’élèves (UNPE) affirme de son côté avoir «depuis toujours plaidé pour la révision des programmes d’enseignements et l’allègement du cartable scolaire», notamment pour les élèves du primaire, dit Hamid Saadi, président de l’UNPE. Ce dernier plaide pour une révision des programmes avec l’association des pédagogues et spécialistes en la matière. «Il ne faut pas se contenter d’apporter quelques changements. Il faut les réviser de manière à arriver à l’objectif d’une école de qualité», poursuit M. Saadi. Il exprime également sa satisfaction pour l’adoption de l’anglais dans le cycle primaire, puisqu’il s’agit également de l’une des revendications de l’UNPE.
Quant au projet de statut particulier, il doit être soumis en octobre prochain à la direction générale de la Fonction publique, fait savoir de son côté Boudjemaa Chihoub. Il indique que la commission chargée d’enrichir et d’apporter des propositions à l’avant-projet de loi portant statut particulier des travailleurs du secteur, composée également de deux membres de chaque syndicat, a fixé un échéancier pour la finalisation dudit projet de loi. «Il est prévu de soumettre le projet à la Fonction publique le 30 octobre», souligne le président de Majal.
Dimanche, le Président a réitéré sa détermination à revoir le texte de loi régissant la profession d’enseignant en application de ses engagements en matière de réforme du système éducatif. Pour rappel, la révision du statut particulier a été décidée sur instruction du Président de la République. Le ministre de l’Education a lancé, en octobre 2021, des réunions de travail avec le partenaire social pour recueillir les propositions des syndicats. Il avait affirmé que son département ne ménagerait aucun effort pour la prise en charge des revendications des syndicats, conformément au cadre juridique en vigueur, de manière progressive et équilibrée.