Entériné jeudi dernier par le Conseil des ministres, le plan d’action du gouvernement sera présenté aujourd’hui devant l’Assemblée populaire nationale. La procédure étant de pure forme, tant le Parlement actuel semble en piteux état, c’est surtout la prestation du Premier ministre Abdelaziz Djerad qui sera attendue avec curiosité dans le sens où l’exercice sera un baptême du feu. Il est évident que le plan du gouvernement actuel ne sera pas comme celui de ses prédécesseurs, il aura à essayer de doter le pays de mécanismes de fonctionnement adéquats, afin de débloquer une situation de léthargie qui aura mis le pays dans l’impasse. La présence actuellement en prison de plusieurs Premiers ministres et de ministres ainsi que des hommes d’affaires importants est symptomatique d’une situation inquiétante. Ce qui ajoute à la responsabilité qui incombe à l’actuel Exécutif. Ce plan du gouvernement aura ceci d’important qu’il constituera la véritable feuille de route pour la reconstruction de ce qui aura été détérioré durant des décennies.
Et ainsi la remise en l’état d’une gouvernance particulièrement malmenée. L’espoir de nombreux Algériens, qui attendent le changement, celui de voir leur pays géré comme les contrées organisées, y est particulièrement attaché.
La situation actuelle, résultat d’une crise politique qui aurait pu être fatale, pousse l’Exécutif à intituler le premier chapitre de son plan « pour une nouvelle République née des aspirations populaires ».
Ce qui annonce une refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements.
En tout état de cause, l’oral de Djerad est attendu et sera jaugé non seulement sur le fond mais aussi sur la forme. Une tribune qui lui permettra de dévoiler davantage les fondements de son approche pour une refonte de la gouvernance des affaires publiques jusqu’ici mal en point.