En plus des multiples problèmes de toute nature auxquels fait face l’école algérienne, elle hérite aussi des maux qui rongent la société algérienne et qui souvent s’expriment sous une forme violente.

L’amère vérité a été dite par l’inspecteur général de l’Education nationale, Medjadi Messaguem, qui a avoué que l’école est minée par le phénomène de la violence, regrettant qu’elle soit transformée en « réceptacle des maux qui traversent la société algérienne ». Pourtant, et paradoxalement, quoi de mieux que l’école, un lieu où l’on s’instruit et où, bien plus que tout, on apprend le vivre-ensemble et en société justement, afin de s’extirper de la brèche de la violence. Malheureusement, cette même école est devenue, malgré elle, le milieu où s’expriment, de manière violente, physique ou verbale, les problèmes familiaux, les frustrations… La sérénité de l’esprit indispensable à l’apprentissage fait défaut, ce qui forcément finit par déteindre sur la qualité de l’enseignement reçu. A vrai dire, même si l’école et sa qualité sont du ressort de l’Education nationale, la violence, elle, ne peut pas être limitée aux seules attributions d’un ministère. Une violence qui ne doit pas être endossée à l’école seule, elle-même prise dans un étau, pour reprendre l’expression même de l’inspecteur général de l’Education nationale ; mais c’est de la responsabilité de tous ! Il y a longtemps que l’école n’est plus perçue comme une « fabrique » de têtes utilement pleines et qu’elle n’est plus créditée de la qualité de l’apprentissage, engluée dans un cycle protestataire et faisant les frais de colères syndicales ou de calculs politiciens qui l’empêchent de s’épanouir. A ce titre, si, aujourd’hui, la situation a semblé décanter, la ministre de l’Education nationale, Mme Benghebrit, ayant réussi à convaincre ses partenaires sociaux de l’option du dialogue, il reste beaucoup à faire pour débarrasser l’école de tant de problèmes qui nécessitent un travail de concert. Il y va de l’avenir de générations entières d’écoliers et d’élèves. Des citoyens de demain.