Mardi 15 septembre, le chef de l’Etat a signé le décret présidentiel de convocation du corps électoral pour le référendum sur la révision de la Constitution prévu dimanche, 1er novembre 2020. En vertu de la disposition numéro 14 de la loi organique du 25 août 2016, relative au régime électoral, ce décret fixe au 20 septembre prochain la date de la révision exceptionnelle des listes électorales. Un décompte qui durera huit jours pour libérer ensuite la voie à la consultation référendaire.

Avec la convocation, avant-hier, du corps électoral en perspective du référendum populaire prévu le 1er novembre prochain, c’est le compte à rebours du projet de révision constitutionnelle qui est enclenché avec l’enjeu principal de susciter l’adhésion et la participation des populations à cette échéance.
Inscrit au cœur de la réforme promise par le premier magistrat du pays dans le fonctionnement des institutions et l’exercice du pouvoir, le projet portant révision de la loi fondamentale aborde ainsi sa dernière ligne droite marquée, depuis hier, par l’entame d’un «large débat» tel qu’annoncé par le département de la communication.
Cette étape intervient après le quitus accordé par le Parlement, dans ces deux chambres, à la mouture de la révision constitutionnelle élaborée par le comité Laraba et présentée devant les députés et parlementaire par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad.
La révision de la Constitution «permettra de concrétiser les engagements décidés pour l’édification de la nouvelle République à la faveur d’une réforme globale de l’Etat et de ses institutions», a soutenu M. Djerad devant les députés, mettant en évidence les objectifs recherchés par les autorités politiques à travers cette révision de la loi fondamentale.
Il s’agit notamment de «séparer l’argent de la politique, lutter contre la corruption et mettre l’Algérie à l’abri des dérives autocratiques et hégémoniques qu’elle a connues par le passé», a-t-il énuméré. Le président de la République n’avait pas cessé, quant à lui, de mettre en avant les ruptures qu’il compte marquer avec le règne décrié de Bouteflika à travers les lettres et l’esprit de la future loi fondamentale.
D’où sa focalisation sur les principaux contours de la révision de la Constitution, pour laquelle il s’était engagé durant la campagne électorale particulièrement la limitation du renouvellement du mandat présidentiel à une seule fois, la réduction des prérogatives du président de la République pour prévenir les dérives autocratiques et la séparation et l’équilibre des pouvoirs.
Le projet est articulé aussi sur les «droits fondamentaux et libertés publiques» au moment où la conjoncture, notamment depuis l’avènement du mouvement populaire, remet de façon ininterrompue la question des libertés publiques. Et si le texte consacre «constitutionnellement la liberté de la presse sous toutes ses formes et interdit le contrôle préalable sur cette liberté», selon ceux qui sont chargés de sa promotion, les professionnels des médias pointent «un climat peu favorable à l’exercice libre» du métier.
Il convient de souligner que le président de la République a fait de ce projet une priorité autour de laquelle il compte mettre en œuvre sa feuille de route. «Le changement revendiqué par le Hirak populaire est certes un changement pacifique, mais radical qui passe par la Constitution, le socle de l’Etat», a-t-il fait remarquer, ajoutant que «le changement ne doit pas s’opérer au sein des bureaux ou être l’apanage d’un certain groupe, mais doit émaner du peuple qui aura le dernier mot et toute la liberté de valider ou de refuser la mouture de l’avant-projet de révision constitutionnelle». M. Tebboune avait mis en exergue son ambition de parvenir à une «Constitution consensuelle» qui tiendra compte des propositions de la majorité.
Lors de l’approbation du projet de révision en Conseil des ministres, il a souligné qu’il est «impératif de procéder, au préalable, à une révision constitutionnelle, car il est inconcevable de renouveler les instances élues avec des lois rejetées par le peuple». Il a ajouté, par la même occasion, que «l’application de cet amendement constitutionnel, s’il venait à être plébiscité par le peuple, nécessitera l’adaptation de nombre de lois à la nouvelle ère, à la faveur de la réforme globale de l’Etat et de la réhabilitation de ses institutions et de son autorité».