Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) Mohamed Charfi a fait savoir que toutes les conditions de «transparence et d’impartialité» étaient réunies pour l’organisation du référendum du 1er novembre prochain. Le responsable de l’Autorité indépendante, qui intervenait sur les ondes de la Radio nationale, a par ailleurs expliqué que les moyens matériels et logistiques nécessaires étaient mobilisés pour que la consultation se déroule «dans la sérénité et la régularité». A l’image, explique-t-il, de «l’élection présidentielle du 12 décembre 2019».
Le lancement officiel de la campagne pour le référendum, d’une durée de 22 jours, a, pour rappel, été fixé pour demain mercredi 7 octobre. Mohamed Charfi, dans une déclaration, coupant court aux critiques sur le «parti-pris» éventuel de l’ANIE, a également assuré que les partisans des deux bords pourront faire entendre leurs voix. Affirmant que les créneaux d’expression «seront ouverts à ceux qui sont pour et à ceux qui sont contre le projet d’amendement de la Constitution». Une démarche qui illustre, selon Mohamed Charfi, la consécration de «l’Algérie nouvelle, qui est déjà en marche», et ce depuis l’élection présidentielle du 12 décembre 2019. «Le premier caractère de la démocratie est de permettre la confrontation des idées et des avis, à travers un débat contradictoire pacifique, dans le respect, et dans lequel les intervenants doivent mettre l’intérêt de l’Algérie au-dessus de tout».
Quant aux dispositions prises dans le but d’assurer la «transparence et l’impartialité» du scrutin, Mohamed Charfi explique que l’ANIE aura la possibilité de «suivre en direct le scrutin grâce au réseau de visioconférence mis en place à cette occasion, ce qui nous permettra une plus grande réactivité et une prise en charge immédiate d’éventuels problèmes qui peuvent se poser le jour du scrutin». L’ANIE avait également indiqué que sa mission serait de faire appliquer l’arrêté publié le 3 octobre, fixant les conditions de la campagne. A ce titre, il est précisé que les réunions et les manifestations publiques seront animées par le staff gouvernemental, par les partis politiques «disposant d’un groupe parlementaire au niveau des deux chambres du Parlement ou de 10 sièges au sein des deux chambres du Parlement, ou des sièges au sein des Assemblées populaires locales dans au moins 25 wilayas». Ou encore par les «personnalités politiques» et les associations nationales jouissant d’une représentation effective au moins au niveau de 25 wilayas.
Les «temps de parole» de chaque intervenant sur les médias audiovisuels devront par ailleurs être fixés en coordination entre l’ANIE et l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) après présentation des demandes et résumés des axes d’intervention. La campagne référendaire peut également être menée par voie d’affichage, de distribution de dépliants, de correspondances et de «tous les moyens écrits ou électroniques». Les espaces réservés à la publicité devront pour leur part être définis par arrêté du coordinateur du délégué de wilaya de l’ANIE. Quant aux campagnes de sensibilisation au scrutin, ouvert, pour rappel, à près de 25 millions d’Algériens, elles resteront soumises à une habilitation préalable de l’ANIE, dont la mission est également, explique Mohamed Charfi, de «sensibiliser le citoyen quant à l’impératif d’exercer son droit de vote, selon le principe de la démocratie participative, sans pour autant s’immiscer, d’une façon ou d’une autre dans son choix».
Le responsable de l’ANIE a en ce sens invité les citoyens, notamment les «jeunes», à participer dans l’encadrement des bureaux de vote et à être observateurs lors du scrutin. La question de la présence d’observateurs étrangers a également été abordée hier et définitivement tranchée par le président de l’ANIE lors de son passage à la Radio nationale. Mohamed Charfi, précise ainsi qu’une telle mesure serait une «atteinte à la souveraineté nationale», «un Etat qui sollicite des observateurs internationaux n’exerce pas la plénitude de sa souveraineté». <