Abdelmadjid Tebboune a pris officiellement ses fonctions de président de la République à l’issue de son investiture, jeudi. Le président élu fait face à des défis titanesques, notamment sur le front de l’économie, où il hérite d’une véritable bombe à retardement ; les positions financières internes et externes se sont beaucoup fragilisées depuis 2014, alors que la croissance économique connaît un net ralentissement et une hausse du taux de chômage pointe à l’horizon. Lors de son discours d’investiture, le chef de l’Etat a reconnu qu’il était urgent de faire redémarrer la machine économique, en adressant un appel «sincère» aux hommes d’affaires et aux chefs d’entreprise à investir «avec force» pour développer et diversifier l’économie, les assurant de son plein soutien.
Il sait que l’enjeu principal est celui d’en finir avec les tendances baissières aussi bien au plan de la croissance qu’en matière de création d’emplois et de richesses. La situation d’impasse politique a fait que l’activité de bien des secteurs a connu une stagnation, voire une décroissance, qui s’est soldée par une hausse du taux de chômage et une fragilisation de nombreuses filières d’activité. Pour remettre l’investissement sur rails, Abdelmadjid Tebboune a promis une refonte du système fiscal, réputé être l’un des plus pesants de la région. «Nous procéderons à une réforme profonde du système fiscal (…) et veillerons à l’établissement d’incitations fiscales à même de garantir la relance de l’économie nationale, notamment du tissu des start-up et des petites et moyennes entreprises», a-t-il assuré, mettant ainsi le doigt sur l’une des revendications qui revenaient comme une prière chez les chefs d’entreprise. «Nous œuvrerons à l’allègement des charges fiscales des entreprises publiques et privées (…) et veillerons également au renforcement de l’économie du savoir, créatrice de richesses et d’emplois», a-t-il indiqué. En tout cas, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé, jeudi, qu’il œuvrerait à réaliser tous les engagements qu’il avait pris devant le peuple algérien, réitérant son attachement à la redynamisation et au renforcement de l’économie nationale. Au plan de l’emploi, puisque les prévisions à ce sujet sont pour le moins pessimistes, le président a indiqué qu’il était temps de réparer les dysfonctionnements caractérisant le marché de l’emploi pour pouvoir redynamiser les embauches. A ce titre, l’un des dysfonctionnements que le chef de l’Etat tente de régler est lié à l’employabilité des diplômés des universités. Le président de la République a estimé nécessaire d’établir un lien entre l’université et le monde de l’économie pour une exploitation optimale et efficiente de la recherche scientifique dans le développement économique, soulignant l’attachement de l’Etat au renforcement du secteur de l’énergie et au développement de ses investissements, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. A ce propos, son discours portait sur l’impératif de diversifier les sources d’énergie en se libérant des énergies fossiles au profit des énergies nouvelles. «Nous nous emploierons à l’encouragement du secteur de l’énergie notamment les énergies renouvelables et propres (…), comme il est impératif de renforcer notre présence énergétique dans les continents asiatique et européen, outre le confortement de nos exportations énergétiques en particulier en énergies renouvelables», a souligné Abdelmadjid Tebboune.
Il s’est par ailleurs déclaré résolument engagé en faveur de l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens, de leur qualité de vie. Il a évoqué, à ce propos, «l’annulation de l’imposition des catégories à faible revenu», qui constitue l’un des 54 engagements pris devant le peuple algérien et qu’il a promis de réaliser lors de son mandat présidentiel. Evoquant le secteur de l’Habitat, le président Tebboune a réitéré l’attachement de l’Etat à mettre fin à la crise du logement, affirmant que «nous n’accepterons jamais que l’Algérien continue à vivre dans des bidonvilles ou dans des habitations précaires».