Abdelmadjid Tebboune, qui réitérait hier la détermination du gouvernement à réduire la facture des importations, a tenu par la même occasion à adresser un message tant aux ménages qu’aux partenaires de l’Algérie.

Selon lui, la lutte contre les importations superflues se fera sans générer de pénuries et en respect avec les accords internationaux conclus par l’Algérie et ses partenaires.

Mais il n’est pas question non plus de céder aux pressions venant d’ailleurs, remettant en cause la volonté de l’Exécutif d’en finir avec la gabegie. C’est en tout cas les trois messages que voulait transmettre, hier, le ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune, en marge d’une visite d’inspection du chantier de la Grande Mosquée d’Alger. Eprouvé par près de trois années de crise, les finances publiques s’enfoncent dans le rouge, faute d’un baril de pétrole moins rentable. C’est pourquoi, l’Exécutif s’est mis depuis quelques semaines déjà à couper dans la facture des importations qui s’érige en véritable danger contre les tentatives de réformes budgétaires engagées par l’Etat. Le successeur du défunt Bakhti Belaïb a commencé par remplacer les principaux responsables qui étaient à la manœuvre de la politique commerciale. Un prélude à une nouvelle stratégie axée désormais sur la régulation du commerce extérieur et la maîtrise des dépenses en devises investies dans les importations. Une politique de rupture qui a fait craindre le retour des pénuries et de l’inflation, mais qui a suscité surtout de l’inquiétude parmi les principaux partenaires commerciaux du pays. C’est pourquoi Abdelmadjid Tebboune a tenu, hier, à éclaircir les zones d’ombre qui entouraient cette nouvelle politique d’assainissement du commerce extérieur. L’Algérie régulera davantage ses importations sans générer de pénuries et tout en respectant ses engagements internationaux, a affirmé à propos le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville et ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune.
« Nous n’interdisons rien, nous régulons nos importations afin de protéger nos recettes (en devises) affectées par la diminution des cours du baril de pétrole », a déclaré Abdelmadjid Tebboune. A ce propos, il a fait savoir qu’une réunion, présidée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aura lieu dans les prochains jours pour fixer les montants d’importations des produits soumis aux licences d’importation au cours de l’exercice 2017. « Nous allons nous réunir de nouveau en fin de cette semaine ou en début de la semaine prochaine afin d’arrêter approximativement les montants pour l’année 2017 », a-t-il avancé. Le ministre a souligné que les produits de première nécessité n’étaient pas concernés par ce dispositif de licences mis en place dès janvier 2016 : « C’est clair. Nous ne réduirons pas d’un kilogramme tout ce qui est importé en matières de légumes secs, de céréales, d’huile et de sucre ». Pour les autres produits, il a avisé que la qualité serait exigée en premier lieu. « On va d’abord jouer sur la qualité. Nous ne laisserons plus entrer sur le marché national les produits électroménagers non conformes qui tuent, chaque hiver, des familles ou encore de l’électroménager énergétivore qui pèse fortement sur la consommation énergétique du pays », a-t-il soutenu. Dit autrement, il n’est plus question que le pays soit un dépotoir pour nombre de fabricants peu soucieux de la qualité des produits, de la sécurité des consommateurs, voire des normes en matière d’efficience énergétique. Il ne sera plus admis, selon Abdelmadjid Tebboune, que plusieurs autres produits, qui sont fabriqués localement, continuent à être importés de manière anarchique. Ils seraient soumis aux licences d’importation, dont les pommes, les viandes et les eaux minérales, explique le ministre. « Si l’on veut diminuer la facture d’importation, c’est d’abord ne pas importer ce que nous avons déjà sur le marché national », a-t-il rappelé. Quoi qu’il en soit, la politique du gouvernement en matière du commerce extérieur commence bel et bien à être cohérente, voire exigeante, tant il est vrai que le contexte financier de l’heure suppose qu’il y ait un minimum de prudence sur le plan des dépenses.