Dans une conférence de presse tenue hier, le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, a annoncé les conditions d’une relance des entreprises publiques en difficulté, pariant sur un plan de redressement «sérieux» bâti sur la rentabilité et la productivité, seule garantie possible à de nouveaux prêts bancaires.

Selon lui, il est vrai que des entreprises comme ENIEM et ENIE sont en difficulté, en raison d’un endettement mal géré par le passé, mais «elles disposent d’un grand potentiel notamment en matière d’innovation». Tout n’est pas donc à jeter, pour peu qu’un plan de relance sérieux soit présenté. Le ministre a ainsi expliqué que le plan de sauvetage immédiat de l’entreprise a été imposé par le contexte social, «mais le plan réel de sauvetage consiste à relancer effectivement l’ambition qu’avait l’ENIEM lors de sa création, à savoir réaliser une intégration maximale». «Le gros problème de ces entreprises est leur endettement qui était mal géré par le passé. Les précédents plans de redressement ont été mal mis en pratique, ce qui fait que des entreprises comme ENIE ou ENIEM trouvent aujourd’hui des difficultés à payer même leurs intrants», estime le ministre de l’Industrie, lors d’une rencontre avec certains médias nationaux. Ferhat Aït Ali explique que la situation dans laquelle barbotent ces entreprises n’est pas insoluble car il s’agissait, d’après lui, d’une dette de 13 à 14 milliards de dinars à gérer, alors que les échéances étaient de court terme, ce qui a réduit la marge de manœuvre des gestionnaires. Le ministre se voulait rassurant, laissant entendre qu’un plan de refinancement est acquis auprès des banques de la place, mais il ne sera pas sans conditions, précise-t-il. «Nous avons discuté avec les banques qui se prêtes à soutenir la relance de ces entreprises, mais on ne peut pas rester dans ce cercle vicieux. Nous allons demander un plan de redressement sérieux qui redonne à la productivité ses lettres de noblesse. Les actifs eux seuls ne peuvent plus servir d’une garantie pour les crédits bancaires. Les banques ont besoin d’un plan sérieux non pas d’actifs et/ou de foncier», souligne le ministre de l’Industrie. Plus globalement, Ferhat Aït Ali a déroulé à la même occasion l’ensemble des mesures censées aider à relancer l’économie nationale ; celles-ci s’appuyant sur une réelle industrie solide, impliquant l’activité de transformation dans différents secteurs d’activité. Le ministre a annoncé que le soutien de l’Etat se traduit notamment via les facilitations fiscales portées par la Loi de Finance 2021 ; lequel soutien sera orienté vers l’amont industriel. Il s’agit, bien précisément, de canaliser les exonérations fiscales vers les intrants censés contribuer au développement de la sous-traitance et l’intégration nationale.
«Les soutiens fiscaux et parafiscaux seront orientés vers l’industrie d’intégration et vers la réhabilitation de l’outil industriel existant», précise le ministre, soulignant que «tout opérateur transformant la matière première aura la priorité en matière de financement».
Le ministre a estimé, sur sa lancée, que le secteur public possède les capacités et l’outil industriel pour activer dans ce créneau. Citant une liste non exhaustive des principaux secteurs concernés, le ministre a énuméré la pétrochimie, les mines et l’industrie mécanique. Concernant la pétrochimie, le ministre a fait savoir que des projets d’investissement sont en cours de réalisation, notamment dans la fabrication de polymères.
De plus, il s’agit de l’exploitation rationnelle du secteur minier national pour la transformation de ces ressources au niveau local et non pas pour exporter du minerai brut. Le ministre a également évoqué la relance économique nationale à travers l’appui de l’industrie mécanique, expliquant que la locomotion électrique prendra le dessus sur le thermique dans les prochaines années. «Dans notre politique de relance, l’industrie publique mécanique doit s’appuyer sur des bases et des techniques nouvelles avec des ressources humaines issues des universités algériennes», a-t-il estimé.