Dans un contexte marqué par une crise économique mondiale, conséquence de la pandémie du Coronavirus, le président du Conseil national économique et social (Cnes) Redha Tir a déclaré, hier, lors de son passage à la Radio nationale, que l’économie algérienne était «certes confrontée à des difficultés et avait besoin de réformes structurelles, mais qu’elle était loin de s’effondrer».
Il a affirmé à ce sujet que la période de confinement a été optimisée par le Cnes pour lancer plusieurs études et propositions avec comme feuille de route la priorité à l’«investissement social» sur les directives du Président de la République, en diapason avec les nouvelles politiques sociales et économiques qui mettent en priorité «le bien-être social du citoyen et la prospérité. En un mot, comment améliorer la vie quotidienne du citoyen».
Il a rappelé dans ce sillage que le Cnes a pour mission de bâtir une économie nationale solide, fondée sur quatre piliers fondamentaux basés sur une vision à long terme. Créer des institutions avec une dimension de service social, assurer la stabilité de l’emploi avec une révision des modalités des contrats de travail, relocaliser certaines industries stratégiques et mettre en valeur la compétitivité de l’Algérie au niveau international. Dans cette optique, Redha Tir estime que «le problème en Algérie n’est pas lié aux ressources et aux moyens mais plutôt aux mécanismes de gestion de la gouvernance, au soutien aux innovations performantes et à la numérisation de l’administration».
L’invité de l’émission matinale de la Radio nationale a souligné à ce sujet que le Cnes a déployé des efforts, depuis plusieurs mois, pour mettre en œuvre des réformes structurelles de l’économie nationale. Il s’agit notamment d’une étude portant sur les conditions d’amélioration du climat d’investissement, en coordination avec le gouvernement et le ministère de l’Industrie.
Il a également annoncé que d’autres études ont aussi été proposées notamment, celles portant sur le sort du secteur public improductif, sur la mise à niveau du système statistique et sur la transition énergétique, avec une attention particulière à l’écologie. Tout en soulignant l’importance d’adhérer aux accords internationaux afin que l’Algérie puisse profiter des avantages de ce type d’accords, l’intervenant a toutefois mis en garde contre les dangers qui résultent de ces accords dans le cas où les lois d’ingérence écologique prises par les principaux pays seraient un outil pour s’ingérer dans les affaires des Etats.
L’urgence de la numérisation
Par ailleurs, le président du Cnes a mis en relief le fait que l’Algérie a enregistré un retard de vingt ans dans le domaine de la numérisation de l’administration, indiquant que le Cnes est en train de numériser l’ensemble de son administration dans les trois prochains mois pour être la locomotive du reste des départements et améliorer l’image de l’Algérie en tant que destination d’investissement prometteuse.
Dans un autre registre, Redha Tir a expliqué que le Cnes attache de l’importance au Conseil de la concurrence, étant donné que l’Algérie cherche dans sa vision économique à reprendre le chemin de l’industrialisation selon les normes internationales.
Cet intérêt permettrait de mettre fin au monopole et à améliorer la qualité et la compétitivité du produit tout en réduisant les coûts et les prix. Il étaye ses propos en expliquant que l’économie est basée sur deux fondamentaux, le premier est un tissu industriel sectoriel de qualité, le second est celui d’entreprises concurrentielles. D’où l’importance de la régulation de la concurrence au niveau de l’économie nationale, notamment en mettant fin aux pratique où des entreprises avaient plus de 40% de marché, «afin de mettre fin à l’abus de la position dominante et du monopole», estime-t-il. Le président du Cnes conclut son intervention sur les ondes de la Radio nationale en mettant en exergue l’importance d’absorber l’argent du marché informel, notamment en mettant une pratique qui existe depuis 2007 encourageant la création de coopératives d’épargne et de crédits.<