C’est dans son atelier, au-dessus de sa boutique-galerie, situé sur le boulevard Krim-Belkacem, à l’atmosphère authentique, que Reda Skander, sculpteur et créateur de bijoux, nous accueille pour aborder, dans cet entretien,  sa participation en tant que sculpteur à la première édition du « Printemps des arts », inaugurée le 5 mai, et qui se déroule durant tout une semaine au palais de la Culture Moufdi-Zakaria, sur l’initiative du ministère de la Culture.  Il partage aussi avec nous  son concept de boutique-galerie et présente ses créations, ses référents et ses sources d’inspiration ainsi que le choix de s’établir à Alger.  
Reporters : Tout d’abord,  quel est votre sentiment sur cette première édition  du «Printemps des arts » ?
Reda Skander : Le Printemps des arts est une très bonne occasion pour tous les artistes qui sont en place aujourd’hui de montrer leur travail et d’avoir aussi une connaissance de ce qui se fait à travers le pays. Puisque c’est une manifestation nationale, il y a des artistes qui viennent pratiquement toutes les wilayas. Et puis cela permet aussi d’être confronté au public et d’avoir un ressenti, de voir comment cela réagit en situation réelle. Je pense aussi que c’est une très bonne initiative du ministère de la Culture qui va permettre aux professionnels d’échanger leurs expériences.

Quelles sont les œuvres avec lesquelles vous  allez participer  à cette première édition ?

A2A l’occasion de ma participation au Premier Salon des arts, je vais présenter trois sculptures en bronze, qui s’inscrivent dans ma démarche artistique où je travaille sur la symbolique des lettres et leur  verticalité. J’entends par  le sens de la verticalité que  je traite les lettres non pas comme des caractères dans une langue, mais en tant que sculpture en les sortant de leur caractère littéraire et de leur fonction linguistique. Le sens de la verticalité étant le complément de l’horizontalité. Les lettres sont utilisées dans une  langue horizontalement et moi, en tant que sculpteur, je défends cette petite parcelle de les mettre debout verticalement et faire ressortir ce qu’elles ont, entre guillemets, de caché ou d’enfoui.

Pourriez-vous présenter ces trois sculptures que le grand public pourra découvrir au Palais de la culture ?

Ces  trois sculptures sont très différentes les unes des autres, mais  elles  rassemblent la thématique de la symbolique des lettres, qui est ma démarche depuis quelques années et que je pense va se poursuivre quelque années encore, parce que c’est un projet qui se complémente de sculpture en sculpture. Le public pourra découvrir les deux sculptures «Alif» et «Mim ».  La troisième sculpture est un abécédaire sous forme de tablette qui résume un peu l’histoire des écritures  de manière ponctuelle sur une seule pièce. Dans l’avenir, la prochaine lettre est en réflexion et je pense que je changerais d’alphabet. Pour la troisième et quatrième étapes, on va aller ailleurs que sur le support traditionnel. Le but de la démarche c’est d’arriver à rassembler sept sculptures sur la thématique de la symbolique des lettres.

Les lettres sont votre source d’inspiration, mais vous tenez à préciser « je ne suis pas calligraphe, je suis sculpteur » …

Exactement,  je suis un sculpteur et non un calligraphe.  Je ne suis pas du tout graphique. Je suis un besogneux, c’est-à-dire que je travaille sur la transformation de la matière. Certes, j’ai un lien avec la calligraphie par mon oncle Abdelhamid Skander, qui est une référence dans la calligraphie dans le monde arabe et à l’échelle nationale, plus particulièrement. Donc je m’inspire beaucoup de cela et j’y recours parce que c’est un puits inépuisable de contemplation. J’ai une thématique qui sert aux calligraphes  mais je ne suis pas calligraphe mais sculpteur.

Justement, qu’est-ce que vous appréciez en tant que sculpteur ?  

En tant que sculpteur, ce qui m’intéresse c’est se confronter à la matière avec comme fil conducteur  la curiosité et l’enthousiasme.  C’est-à-dire à partir d’un procédé millénaire, qui est la fonte d’acier, un processus utilisé  depuis  trois mille ans qui est complètement maîtrisé aujourd’hui… cheminer pour aboutir à une idée. Ce n’est pas l’aspect technique qui est intéressant, mais l’aspect investigation et recherches et l’aboutissement d’une idée.  Ce qui est intéressant c’est le processus du passage d’une idée, qui est souvent pas réaliste, à quelque chose de réaliste, et toujours avoir pour objectif la suggestion esthétique. Je tiens à préciser que je fais  de la suggestion artistique.  Je ne suis pas du tout un artiste conceptuel. Moi je fais une suggestion, je travaille sur une idée que j’essaye de rendre la plus belle  pour la représenter selon mon entendement. Si  ce travail déclenche des émotions chez les gens, le public ou les professionnels, j’en suis ravi.

Mais, vous avez également une certaine approche de la technique  concernant le travail sur la matière ?

Je travaille beaucoup sur la texture. J’accorde autant d’importance à la texture de mes travaux qu’à mes lignes en elles-mêmes. Je suis un besogneux et j’ai besoin de travailler beaucoup pour arriver à concrétiser la réflexion. Je fais du mieux que je peux avec mes armes à moi et,  après, c’est le public qui juge.
P1070765Quel est votre constat par rapport à  la place de la sculpture en Algérie ?
Pour vous répondre franchement, je suis obligé de vous dire que l’on n’est pas assez vu et que l’on n’a pas assez de place par rapport à nos confrères peintres. Mais, c’est un peu partout pareil. Parce que derrière la pénibilité artistique de la création, ect., il y a aussi la problématique de  la faisabilité, c’est-à-dire le procédé et de technique de fonte ou de réalisation des sculptures.  Je parle  de tous les matériaux, que cela soit le bois, la résine ou l’acier. Personnellement, pour le moment, je ne fais que des fontes en bronze et des sculptures en bronze. Il est probable que dans un avenir proche, j’incorpore de l’acier et de la forge dans mes travaux  parce que c’est lié à une rencontre, car il y a des rencontres comme cela qui nous donnent envie de faire des choses ensemble avec d’autres artistes. Notamment la rencontre avec  Abdelghani Chebouche, qui est un artiste qui  travaille la forge dans le sens noble. Il y a aussi beaucoup d’interactions avec les artistes. Ensuite, c’est une question d’affinités. Je suis assez séduit  quand ces choses se passent parce que cela fait du bien de sortir de son espace et de rencontrer du monde. On découvre qu’il y a beaucoup de gens qui sont intéressants dans ce domaine. D’un point de vue pratique, j’arrive à trouver des matériaux  pour mes sculptures, mais concernant l’atelier, j’ai bon espoir de trouver l’atelier que j’aimerais avoir.

Le principal objectif de cette première édition du « Printemps des arts » est d’impulser le marché de l’art en Algérie, Quelle est votre perception sur ce marché ?

Nous sommes au stade embryonnaire de quelque chose qui ne peut qu’avancer. D’abord, parce que  nous n’avons pas le choix, et cela concerne tout le monde. C’est une question d’utilité publique. Ensuite, cela dépend comment on considère l’art dans notre société. Si c’est important et que l’on est d’accord pour dire que cela  est réellement une utilité. Je pense  qu’il faut se mobiliser et serrer les rangs, Il faut que cela se structure, que cela s’améliore à tous les stades du métier. Certes, il y a les artistes, qui sont un maillon de la chaîne. Mais il  faut aussi, pour structurer ce marché, des commissaires, des critiques, une presse spécialisée, des galeries spécialisées. C’est vraiment tentaculaires et c’est bien que le métier prenne conscience de tout cela et se réunit durant une semaine au Palais de la culture à l’initiative du ministre de la Culture. Ce salon peut aussi servir de point de situation. Je pense que tout reste à faire et que les énergies sont là et il y a toutes les raisons pour que  cela se passe bien.  Ensuite, il faut une réelle volonté de la part de tous les professionnels  et intervenants dans ce domaine. C’est-à-dire des communicants, des  techniciens des spectacles et des cultureux. Le métier n’est pas fait que d’artistes et du public.  Il faut aussi des professionnels des différents corps de métiers  pour que tout cela s’emboîte. Il faut des  professionnels de l’événementiel qui conjuguent leurs énergies avec des professionnels de la logistique, avec des professionnels de la communication, avec des professionnels des réseaux commerciaux. Et tout cela ne devient intéressant que s’il y a un intérêt général. L’enjeu de tout cela est que les jeunes aient envie  de continuer ce métier et que cela suit son cours.  Car, c’est aussi ceux qui viennent qui sont intéressants. Il y a de quoi  créer et faire des animations pour que les gens aillent au musée voient et consomment de l’art.  C’est le déclenchement d’une réflexion sur l’impact de l’art sur tout un chacun tous les jours. C’est cela  qui fait que cela crée une envie aux artistes de produire des œuvres d’art et au public d’aller les voir. Le consensus, il est là, il faut que la chose culturelle devienne intéressante  de manière plus importante et plus consistante.

Selon vous, quel est
l’apport de l’esthétisme et du beau dans la vie ?
Moi, en tant qu’artiste et plasticien, cela me donne l’envie de continuer et de maintenir  cet enthousiasme et cette curiosité. De sculpture en sculpture, je m’autostimule. Cela me fait comprendre que je n’ai pas fini, que  j’ai besoin d’aller encore plus loin dans cette thématique. Maintenant sur l’idée du beau, le beau de mon entendement est essentiel dans cette thématique. Que serait  ma démarche si je me dissocie du beau ? Les  lettres en elles-mêmes, par leur existence propre  ont une esthétique, une symbolique, quelque chose que l’on retient ou que l’on ne retient pas. C’est aussi ce qui  explique en partie la transmission des savoirs. Comment l’alphabet, les lettres, les messages ont traversé les océans, les milliers d’années et des civilisations différentes et que l’on soit arrivé, aujourd’hui, à ce maniement des lettres.  Ce qui m’intéresse, c’est ce chemin-là. C’est voler ponctuellement quelques mots  de quelques alphabets  et essayer de créer une plateforme commune qui ferait qu’on irait plus loin dans la construction du savoir, du voyage  des idées. C’est ce qui m’anime. Le beau est aussi un fil conducteur indispensable. Je tiens à souligner  que je viens de la manufacture du bijou et dans ce monde-là, il  y a un lien de recherche de  l’esthétisme et du beau qui est quasiment naturel.
 
Quel est le lien entre le créateur de bijoux que vous êtes et la sculpture ?

 C’est une évolution… en sculptant des bijoux, l’envie de sculpter autre chose a germé. J’ai eu envie de passer de l’autre côté. La première expérience sculpture a été au-delà  de mes espérances et cela s’est plutôt bien passé et donc j’ai récidivé. Du coup, maintenant, je ne fais que récidiver.

Pourriez-vous nous parler de votre concept de boutique-galerie et dans le prolongement du marché de l’art, avez-vous réussi à construire une clientèle ?

Oui, il y a une clientèle, elle n’est pas aussi importante que l’on voudrait  mais il y a la satisfaction de l’avoir fait et de la défendre tous les jours et puis, tout reste à faire. Il y a des choses qui nous reviennent par notre clientèle que l’on améliore et que l’on affine. Nous, on est une toute petite structure artisanale,  on fait de l’artisanat d’art. J’ai choisi  la qualité et non pas la quantité. Je fais quasiment des pièces uniques  ou des séries  très limitées et numérotées. Cela prend du temps et donc  le processus est calé dessus. Pour la boutique-galerie, j’ai créé une cohérence. Il y a un choix de couleurs et de tonalités des bijoux qui fait qu’il y a quelque chose qui ressort. Notre démarche et de susciter l’envie, mais on n’est pas du tout  dans une démarche ou une stratégie de luxe. J’ai tout appris  de ce monde de luxe et je ne le renie pas. Mais, aujourd’hui, je  fais des bijoux artisanaux à la mesure de mes moyens, de mes dix doigts et de mon énergie. C’est ma vision des choses, c’est aussi l’accumulation d’expériences. Je tiens à citer une phrase qui n’est pas de moi. « Le luxe est une question d’argent, l’élégance est une question de culture. »     Il y a que ce bijou-là va s’adresser à une personne plus qu’à une autre. Souvent, c’est cela que je veux. C’est rare qu’une cliente entre chez nous, cherche et trouve. En majorité, il y a des coups de cœur qui se passent sur une pièce et c’est cela que l’on veut. L’intérêt de ce métier est que tous les jours, c’est différent. Je fais des bijoux à partir de 3 500 dinars, c’est une démarche voulue, ensuite, c’est illimité. Mais le prix de départ est accessible.

On remarque dans votre boutique-galerie, la présence d’œuvres avec d’innombrables pierres, pourriez-vous nous en parler ?  

Les pierres, c’est une part de magie. C’est très tactile, il y a d’abord quelque chose de l’ordre du toucher qui est très sensoriel. Après, bien entendu, il y a la lumière et la couleur qui en découlent. Il y a aussi  la connivence avec certains bijoux plutôt qu’un autre. J’ai une démarche un peu particulière. Je prends une pierre et je l’habille. Je ne fais pas des bijoux en pierre. Je ne suis qu’un décorateur de cette pierre trouvée dans les entrailles de la terre par  cinq cents mètres de profondeur.
 
Et que pensez de l’intérêt actuel pour la  lithothérapie ?

 C’est vrai qu’en ce moment on en parle de plus en plus, parce que cela entre dans l’ère du temps et de la mode du bien-être. Mais cela est connu depuis la nuit des temps. Dans toutes les zones du monde, il  y a des gisements avec des présences de  pierres. Les gens qui habitent ces lieux savent très bien  que c’est absolument vrai que l’on y accorde de l’importance ou pas. Selon que  l’on soit réceptif ou non, cela peut aussi fonctionner ou pas.  Par honnêteté, je prends aussi plaisir avec certain bois ou alliages, je fais des collections et je décide d’un matériau. A la fin de cette collection, je passe à autre chose et à un autre matériau. J’aime l’idée de la rupture et du changement. Concernant les pierres, je peux faire de la pierre aquatique, ensuite passer à des pierres plus ténébreuses dans les quartz fumés et les agates, puis, je reviens à quelque chose de plus maritime comme le corail. Ce qui compte, c’est l’intensité, ce que cela dégage et l’atmosphère que cela installe. Le matériau vient après. Je peux aussi bien travailler de la résine que de l’aluminium.   

Pourriez-vous nous parler de votre pièce « l’Algérienne » ?

 La pièce « l’Algérienne » est composée d’un collier et d’une paire de boucles d’oreille. C’est notre identité, c’est l’Adn de la galerie, c’est la gardienne du temple. Parce qu’elle a vécu et a un historique. Les choses ont l’importance qu’on leur donne. Elle a traversé beaucoup d’histoires et de péripéties et elle reste avec nous.  Elle reste une référence. Tous les artistes ont une pièce qui reste dans l’histoire de la maison. C’est un repère dans le temps, dans les gens… et les œuvres sont parfois liées à des personnes qui ne sont plus là. C’est assez délicat et intime.  

 Dans votre atelier, vous êtes entouré de plusieurs référents d’intellectuels et d’artistes algériens, dont Frantz Fanon, est-ce que cela contribue à nourrir votre énergie créatrice ?

Frantz Fanon est un intellectuel majeur de notre pensée contemporaine, c’est un de nos grands penseurs. Même s’il a une relation très spéciale avec l’Algérie. Il a  même  été ministre de cette jeune république. Il a fortement  participé à la Révolution et à ce qui s’en est suivi juste après. Et puis, ses écrits sont un des référents. Dans mes lectures et référents, je peux citer aussi Kateb Yacine, Mimouni, Dib, Feraoun, Alloulla, Isabelle Eberhart et pleins d’autres. Le point commun est l’algérianité. Je suis aussi le fils de Noureddine Skander, j’ai grandi dans  un milieu où la formation militante se faisait au biberon. Ma démarche est de farfouiller et projeter un  peu cela pour aller dans ses retranchements. Tout est important là-dedans. Il n’y a pas d’apport qui soit plus important que l’autre. On peut parler aussi de la production cinématographique et de la musique. Les aînés ont laissé de quoi faire pour un bon moment. Même s’il y a un constat qu’Alger s’est appauvrie de figures emblématiques… En résumé, à propos des référents, pour avoir les bonnes réponses, il faut  poser les bonnes questions. C’est la convergence de tout cela qui peut créer un mouvement. Je suis aussi un curieux, un contemplatif. Je circule et je regarde les choses. J’ai des petits plaisirs simples. Je suis toujours curieux de tout, je vais aux expositions. Je vais au musée des beaux-arts au moins une fois par mois. Cela fait partie de ma démarche.

 Cela fait trois ans que vous êtes installé à Alger, quel est votre ressenti ?

Je me sens très bien. J’ai fait le bon choix. Je  voyage beaucoup. J’ai des engagements professionnels à l’étranger, mais ma base  est Alger. Je travaille ici, je séjourne ici  et c’est ici  que cela se passe.
 
Et comment réagissez-vous face à ceux qui ne comprennent pas que vous ayez fait le choix d’Alger comme lieu de vie et de travail, après avoir vécu trente ans à l’étranger ?  

Sincèrement, je commence à le prendre mal. A la limite, j’ai envie de répondre arrêtez de me pourrir l’esprit. Il faut être très vigilant là-dessus et aux  mauvaises ondes. Après ceux qui vendent ailleurs contre rien, je leur dis bonne chance. Allez-y, moi j’en suis revenu. Je sais de quoi je parle, il y a des choses à Alger que l’on ne trouve pas ailleurs. Il y a une réelle qualité de vie. Il y a aussi le fait qu’Alger est le lieu où tout est possible. C’est intéressant parce qu’il  y a tout à faire et que l’on a tous notre place et nos points de vue à défendre. Et que, surtout, on a la  possibilité de faire des choses. C’est très différent de rêver,  d’avoir la possibilité et de rêver de pouvoir faire quelque chose un jour. Je ne supporte plus le langage négatif sur Alger. Aujourd’hui, la solution est dans l’action et de faire les choses. A Alger, je  prends le temps. Ce qui m’intéresse, c’est développer mon art, faire au mieux à chaque fois tant que c’est possible. Parce que c’est une vue de l’esprit  de penser que nous avons le temps. Pendant, qu’il y a encore cette énergie, il faut aller à l’action et agir.

 Après votre exposition au « Salon des arts », quels sont vos projets ?

Sous réserve, il y a une date parisienne en automne. C’est en suspens mais,  il y a de fortes chances que j’expose en octobre à Paris. Il y a aussi  mon projet d’exposition que je continue à défendre et à faire qu’il existe, en essayant de le finir pour fin 2019. Il n’y a pas de changements majeurs à venir dans ma démarche artistique. Il y a cette idée de travailler durant la période estivale sur le X, pour passer à l’alphabet latin et rejoindre la rive nord de la Méditerranée qui est pour moi  aussi importante  que la rive sud. Et au final, surtout maintenir le cap du moral, de l’enthousiasme et de la curiosité.