La libération contre le paiement d’une rançon d’otages aux mains d’un groupe islamo-terroriste, le 8 octobre dernier, continue d’avoir des développements sur le plan de la lutte antiterroriste en Algérie. Mardi 28 décembre dernier, une opération de l’ANP a permis, après l’interception le 16 décembre d’un individu qui a rejoint les groupes armés en 1994, la récupération d’une somme de 80.000 euros. Cet argent, selon un communiqué de la Défense nationale (MDN), proviendrait des millions d’euros reçus payés aux ravisseurs.

En effet, un détachement de l’Armée Nationale Populaire a découvert et détruit, avant-hier 28 décembre 2020 dans la localité de Djebel Boutouil dans la même zone, cinq casemates. Cette opération, toujours en cours, intervient après la capture de Rezkane Ahcene dit «Abou Dahdah», le 16 décembre dernier. Cet individu qui avait rallié les groupes terroristes en 1994 a été arrêté lors d’une opération de bouclage et de ratissage dans la zone de Tamendjar, près de la commune d’El-Ancer à Jijel, le 16 décembre 2020, a indiqué un communiqué du MDN. Selon ce communiqué, «l’opération s’est soldée également par la récupération d’un pistolet mitrailleur de type Kalachnikov, trois chargeurs de munitions, une grenade et une paire de jumelles». Elle a été exécutée en continuité de l’opération de recherche et de ratissage menée dans la localité d’Oued Bouayache près de la commune d’El-Ancer à Jijel, en date du 1er décembre 2020, et au cours de laquelle un détachement de l’Armée nationale populaire a abattu, le 1er décembre 2020, trois terroristes et saisi trois pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov, une quantité de munitions et d’autres effets.
L’opération du 28 décembre a permis la récupération d’une somme de quatre-vingt mille euros. Cet argent, selon le MDN, s’est avéré être la première tranche de la rançon payée au Mali pour la libération des otages le 8 octobre dernier. Il s’agissait de la franco-suisse Sophie Petronin, de l’opposant malien Soumaila Cissé, mort récemment du Covid, et de deux ressortissants italiens : le prêtre Pier Luigi Maccalli et l’ingénieur de l’aérospatiale Nicola Chiacchio, enlevé alors qu’il faisait du tourisme d’après les médias italiens. L’arrestation d’«Abou Dahdah» et la récupération de la somme d’argent signalée font rappeler que l’Algérie considère le paiement de rançons contre la libération des otages comme une forme de financement du terrorisme et qu’il doit être combattu comme une pratique de soutien aux groupes armés.
Cette position a été rappelée le 6 décembre dernier par le Premier ministre Abdelaziz Djerad. Il a affirmé que l’Algérie prenait acte, «avec une grande préoccupation», de la poursuite des transferts, «au profit des groupes terroristes, de fonds colossaux au titre de rançons pour la libération des otages, soulignant qu’il s’agit d’une démarche qui sape les efforts de la lutte antiterroriste». M. Djerad, qui s’est exprimé lors des travaux de la session extraordinaire des Chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union africaine (UA), intervenait surtout après l’arrestation dans la région de Tlemcen, début octobre 2020, du dénommé Mustapha Derrar, un ancien membre d’un groupe islamo-armé arrêté au Mali et libéré après le paiement de la rançon au groupe qui détenait l’ancien responsable malien Soumaila Cissé et les trois autres ex-otages occidentaux. Le dénommé Derrar avait selon ses propos diffusés par la télévision publique rallié les groupes terroristes en 2012, et avait été libéré à la suite de négociations menées par des parties étrangères ayant abouti au relâchement de quelques 200 terroristes et au paiement et d’une rançon de plusieurs millions d’euros.
Il intervenait également après la capture du terroriste El Hocine Ould Amar Ould Maghnia qui répond au sobriquet de «Maïs» et âgé de 32 ans. Cet individu, qui faisait également partie des 200 terroristes libérés en octobre dernier au Mali contre des otages occidentaux et, probablement, une somme d’argent importante, a été arrêté le 16 octobre dans la localité frontalière de Timiaouine. Selon un communiqué de la Défense nationale, il a été appréhendé dans cette localité frontalière par les «services spécialisés» du MDN après «exploitation d’un renseignement». La capture de «Mais», avait souligné le communiqué du MDN, «dévoile, sur un autre plan, ces pratiques douteuses, contraires aux résolutions onusiennes incriminant le versement de rançons aux groupes terroristes».