Par AZIZ LATRECHE ET LEILA ZAIMI
La refonte du système éducatif a été mise en avant comme solution aux carences constatées par les syndicats que le premier responsable du secteur a reçus jusque-là dans le cadre des consultations lancées avec les partenaires sociaux.
C’est ce qu’a indiqué Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), lequel affirme avoir abordé, en plus des revendications socio-professionnelles, la nécessaire refonte totale du système éducatif. Contacté hier par nos soins, le même responsable syndical souligne d’emblée que cette réunion avait pour objectif de permettre au ministre de l’Education nationale d’écouter les préoccupations des syndicats accompagnées parfois d’incompréhensions. «Ses réponses aux partenaires sociaux ne seront connues qu’après la tenue des réunions avec tous les partenaires sociaux qui vont continuer jusqu’au 12 mars», note à cet effet Boualem Amoura. «Nous avons aussi abordé certains volets comme celui de la pédagogie et dans lequel nous avons demandé une refonte de tout le système éducatif et non seulement de simples réformes», ajoute Boualem Amoura.
Le responsable du Satef souligne que cette refonte passe par «la révision des méthodes et de la méthodologie ainsi que la révision de ce qu’on appelle le rythme scolaire». Dans le même ordre d’idées, il soutient que cette refonte doit englober les horaires d’entrée et l’établissement de zones scolaires selon les spécificités climatiques de chacune. Pour lui, les directeurs d’établissement «doivent aussi avoir le libre choix pour déterminer les horaires selon les conditions de chaque région».
Outre ces volets, la réunion a porté aussi sur certains dossiers tels que les œuvres sociales et la gestion des établissements primaires par le secteur lui-même et non pas les communes comme c’est le cas actuellement, a relevé M. Amoura. Ce dernier ajoute, contexte contestataire dans l’éducation oblige, que «cette réunion n’a pas abordé les grèves cycliques des enseignants du primaire mais nous avons défendu certaines revendications liées aux statuts». Pour le responsable du Satef, l’évaluation de la démarche de la tutelle ne peut se faire qu’à l’issue des consultations engagées par M. Ouadjaout avec les organisations agréées du secteur. Les rencontres du ministre de l’Education nationale avec les partenaires sociaux prendront fin le 12 mars, au bout desquelles sera communiquée une synthèse des préoccupations du secteur où s’accumulent les grèves et les rassemblements de contestation.
Pour sa part, le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), dont une délégation a été reçue par le ministre de l’Education, a exposé des revendications dominées par celles relevant de la pédagogie, d’enseignement et des doléances socioprofessionnelles. Il faut noter que cette série de consultations intervient après une escalade de la contestation dans le secteur marqué notamment par la grève qu’observe la Coordination des enseignants du primaire à laquelle s’est ajouté la semaine écoulée le débrayage de l’Unpef. Ce recours à la grève a été, faut-il le relever, décrié par la tutelle.
«Au moment où le ministère a fixé un calendrier de rencontres bilatérales avec les syndicats autonomes du secteur pour écouter et répondre à leurs préoccupations, conformément à l’engagement du premier responsable du secteur, il a été constaté, des appels aux mouvements de protestations, à travers les réseaux sociaux, sans respect des lois de la République», indiquait un communiqué du ministère. Ce dernier a demandé aux enseignants et fonctionnaires de l’Education de «faire preuve de vigilance quant au recours à ces appels mensongers qui n’obéissent à aucun cadre légal et ne sont pas inscrits dans le cadre du respect des mesures réglementaires en vigueur», ajoutait le ministère dans le même communiqué.