La multiplication des assurances émanant à la fois des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur pour rassurer les «Normaliens» quant à leur recrutement ne semble pas convaincre tous les étudiants qui sont entrés en grève depuis lundi dernier. En effet, les étudiants de l’ENS de Bouzaréah estiment qu’«aucun document officiel indiquant les mécanismes et garanties de recrutement comme convenu n’a été communiqué. Les étudiants ont ainsi décidé de poursuivre la grève», ont-ils indiqué dans un communiqué rendu public vendredi.

PAR MILINA KOUACI
Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, a intervenu jeudi face aux membres du Conseil de la nation. Lors de cette séance, qui s’est déroulée en plénière et consacrée aux questions orales destinées à des membres du gouvernement, M. Belabed a rassuré «les diplômés des ENS que «la titularisation des enseignants contractuels n’a pas pour objectif de toucher aux postes réservés aux diplômés des Ecoles normales supérieures», «et ce, étant donné», a-t-il poursuivi, que «ces postes sont vacants, alors que les postes réservés aux diplômés des Ecoles normales supérieures leur sont exclusivement réservés».
Il a précisé que «l’opération de titularisation d’environ 60 000 enseignants contractuels, décidée par le président de la République, lors du Conseil des ministres tenu dimanche dernier, «a été favorablement et largement accueillie dans le secteur de l’Education». Il a affirmé que «les diplômés des Ecoles normales supérieures (ENS) étaient prioritaires dans les recrutements du secteur». Il a également souligné que «les postes qui leur sont destinés leur sont exclusivement réservés.» L’annonce de la titularisation de près de 59 987 enseignants contractuels, dans les plus brefs délais, a provoqué la colère des étudiants de plusieurs ENS du pays, à l’image de celles de Bouzaréah, Kouba, Constantine, Béchar, pour ne citer que celles-ci.
Les étudiants de ces écoles ont exprimé leur inquiétude concernant leur recrutement après obtention de leurs diplômes, étant donné que les postes des diplômés de l’ENS sont garantis par les contrats qu’ils ont signés avec l’ENS.
Les étudiants de ces établissements sont entrés en grève, lundi dernier, pour protester contre ladite décision qui «diminuerait» les chances de recrutement. Les contestataires ont, en effet, fait part de leur crainte de voir une saturation dans le secteur, «exigeant, de ce fait, des garanties de la part de la tutelle». Même l’affichage de notes par les direction de certaines ENS, rappelant que «les étudiants demeurent prioritaires en termes de recrutement de la part de la tutelle», n’ont pas réussi à contenir la colère des protestataires.
En effet, les étudiants de l’ENS de Bouzaréah ont annoncé la poursuite de la grève. «Aucun document officiel indiquant les mécanismes et garanties de recrutement comme convenu n’a été communiqué. Les étudiants ont ainsi décidé de poursuivre la grève», regrette les «normaliens» de Bouzaréah. Mercredi dernier, des représentants des étudiants de l’ENS de Kouba ont été reçus par des responsables du ministère de l’Education. Ils ont demandé des garanties que la décision du président de la République n’a aucun impact sur le nombre de postes réservés aux diplômés de l’ENS.
Suppression du Bac : le niet de Belabed
Répondant à une question sur les programmes scolaires, le ministre a réaffirmé que «la référence générale pour les programmes adoptés tire ses fondements de la Constitution et de la loi d’orientation pour l’éducation», ajoutant que «la question de la révision des programmes scolaires a été introduite dans le plan d’action du ministère de l’Education nationale issu du plan d’action du gouvernement, selon un calendrier fixé et des dates précises».
A cet égard, il a indiqué que le Conseil national des programmes «œuvre actuellement à la révision des programmes scolaires pour suivre les évolutions de la société algérienne et s’adapter aux développements scientifiques et technologiques, tout en œuvrant à la concrétisation des décisions du président de la République dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement».
Par ailleurs, et en réponse à une question relative à la possibilité de remplacer le baccalauréat par une évaluation continue tout au long de l’année, M. Belabed a estimé que cet examen est «le moyen le plus efficace pour évaluer les élèves et leur délivrer un diplôme, sur la base des résultats obtenus et les options déterminées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique». Le baccalauréat «réalise également le principe de l’égalité des chances pour tous les élèves à travers le pays, d’autant plus que ses examens sont unifiés et sa crédibilité est garantie». <