Face à une épidémie qui semblait avoir été maîtrisée grâce à l’instauration de confinements stricts au printemps, les craintes sont vives de voir apparaître à son sixième mois une seconde vague aux enjeux économiques et sociétaux potentiellement désastreux.
Ainsi, en Chine, où l’épidémie avait été largement endiguée sept mois après l’apparition du virus, les autorités ont annoncé mardi que des porteurs du nouveau coronavirus venus d’un foyer d’infection dans le nord-est du pays ont diffusé la Covid-19 dans cinq provinces, dont la capitale, Pékin.
En Allemagne, l’Institut d’épidémiologie et de veille sanitaire Robert-Koch(RKI) s’est alarmé, mardi, de l’augmentation des nouvelles infections de cas de Covid-19 dans le pays depuis plusieurs jours, source de «grandes inquiétudes». Dans ce pays, les autorités vont imposer des tests de dépistage aux voyageurs revenant de régions à risques. Comme elles ont déconseillé les voyages non essentiels vers les régions espagnoles d’Aragon, de Catalogne et de Navarre en raison du «nombre élevé d’infections».
Quant à la Grande-Bretagne, elle soumet depuis dimanche les passagers en provenance d’Espagne, deuxième destination touristique mondiale derrière la France, à une période d’isolement. Une mesure critiquée par Madrid, qui tablait sur la saison touristique et a riposté en assurant être un «pays sûr». En Espagne, la pandémie a détruit plus d’un million d’emplois au deuxième trimestre, en grande majorité dans les services et l’industrie touristique, selon les chiffres officiels
publiés hier.
Evoquant une recrudescence «préoccupante» des cas, la Belgique, l’un des pays qui compte le plus de morts de la Covid-19 par rapport à sa population (85 pour 100 000 habitants), a annoncé pour sa part un nouveau durcissement des mesures. A partir d’aujourd’hui, le nombre de personnes que les Belges sont autorisées à voir de façon rapprochée et régulière dans le cadre de leur «bulle de contact» sera abaissé de 15 à 5 par foyer, pour les quatre prochaines semaines. «Prendre ces mesures difficiles (…) n’est pas un choix facile. C’est surtout un devoir», a souligné la Première ministre belge Sophie Wilmès. «Il est indispensable de freiner l’épidémie maintenant, afin que nous puissions éviter des scénarios plus difficiles».
En Amérique du Sud, où le tableau de l’épidémie reste sombre, la Bolivie a proclamé lundi l’état de «calamité publique» dans tout le pays. En Argentine, la barre des 3 000 décès a été franchie lundi et le pays réfléchit à un possible renforcement des mesures de confinement. Au Maroc, la décision subite du gouvernement d’introduire de sévères restrictions de déplacements dimanche soir face au risque de propagation du coronavirus a provoqué des scènes de chaos.