Devant le constat de la courbe de prolifération du Covid-19, en constante ascension ces dix derniers jours sur pratiquement tout le territoire national, le corps médical juge qu’un reconfinement s’impose « afin de pouvoir coûte que coûte limiter au maximum les rencontres au sein de la population ». Dans cette optique, les secteurs les plus concernés, sans aucun doute, sont les secteurs d’activités commerciales de proximité. Le président de l’Association nationale des commerçants algériens (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, contacté à propos des mesures prises par le gouvernement, dit d’emblée approuver le reconfinement. Ce dernier soutient que le reconfinement partiel « s’imposait après la montée en puissance, ces derniers jours, du nombre de personnes contaminées », ajoutant que « les commerçants sont conscients de la gravité de la situation, c’est pourquoi ils vont faire en sorte de s’adapter au reconfinement quand bien même il se traduit pour eux par une baisse d’activité, mais c’est dans l’intérêt général ». Le président de l’ANCA a enfin indiqué que « si d’autres mesures plus restrictives venaient à être décidées par les pouvoirs publics, nos commerçants n’auront d’autre choix que d’y résoudre dans l’attente de jours meilleurs ». Abondant dans ce sens, le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) Hazab Ben Chahra, également contacté par nos soins, soutient : « Tous les commerçants sont appelés à faire en sorte que leur lieu de travail ne se transforme pas en espace de rencontre ».
Par contre Belal Mohamed, président de l’Union nationale des transporteurs de voyageurs et de marchandises (UNTVM) nous a avoué que le reconfinement « va quelque peu décevoir les taxieurs inter-wilayas dans le mesure où ces derniers s’attendaient à une reprise d’activité après huit mois d’arrêt. Ils apprennent que ce n’est plus possible dans les circonstances actuelles, c’est-à-dire par la recrudescence de la pandémie de la Covid-19 ». Ce dernier lâchant qu’« ils n’auront d’autre choix que de prendre leur mal en patience jusqu’à ce que la pandémie soit maîtrisée tout au moins ». A propos de la suspension du transport urbain, Belal estime que « cela va permettre quelque peu de réduire la circulation des personnes empruntant les transports publics, mais c’est aussi un manque à gagner pour les transporteurs. Ils vont s’y adapter, conscients que devant le danger de la pandémie tout un chacun se doit d’un peu de sacrifice ».
Pour revenir à la décision du reconfinement, de nombreux médecins et épidémiologistes jugent qu’elle s’impose au vu de la recrudescence de la pandémie, mais « faut-il encore qu’il soit bien observé », s’interrogent, voire même s’inquiètent, les épidémiologistes. Leur méfiance tire sa raison du fait que lors du premier confinement, décidé en haut lieu en mars dernier, il a été enregistré à travers le pays un manque de rigueur dans son application, pour ne pas dire carrément ignoré par une partie de la population qui doit comprendre, dès lors où il n’existe plus aucun doute que la deuxième vague de contamination est bien là, qu’un reconfinement bien observé peut être moins intense en nombre de personnes contaminées et de décès. Devant cette situation, le corps médical sans exception juge que pour éviter la catastrophe, le reconfinement est une mesure incontournable. C’est d’ailleurs ce que demandent avec insistance et à l’unanimité les médecins engagés dans la bataille contre la pandémie de la Covid-19. Ce qui revient à dire que la responsabilité de tous est exigé à tous les niveaux de la société. En somme, il est demandé à tout chacun de se plier aux règles du réconfinement. Toujours est-il qu’il reste à savoir si ce reconfinement sera efficace pour freiner la circulation du virus. En d’autres termes, casser la dynamique actuelle de la pandémie.