Le ministère de l’Education nationale a décidé de reconduire, pour la prochaine année scolaire 2021/22, le mode de scolarisation par groupes, adopté l’année passée dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Par Milina Kouaci
Les avis des syndicats sont mitigés sur la reconduction de la scolarisation par répartition de groupes au vu des «inconvénients» qu’elle présente pour le personnel enseignant, qui a constamment exprimé «des réserves sur un volume horaire qui a largement augmenté» particulièrement dans les matières essentielles appelées à assurer un nombre important de séances.
Les enseignants semblent dès lors partagés entre une reconduction avec une répartition qui les soulage de la surcharge des classes, mais qui les oblige à assurer plus d’horaires de travail. «Le recours à ce mode de scolarisation l’année passée était un cas de force majeure, que nous ne pouvions contester», dit Chafik Lezreg, secrétaire général du bureau local du Syndicat national des écoles primaires (Snapep) à Mostaganem. «La répartition des groupes s’est imposée parce que nous avons des classes surchargées. Et afin de respecter les recommandations du Comité scientifique de suivi de l’évolution de coronavirus liées notamment à la distanciation physique, nous étions contraints de recourir à la répartition pour la préservation de la santé des élèves et du personnel du secteur», rappelle M. Lezreg. Pour lui, il faut lutter contre la surcharge de classes en construisant des salles à l’intérieur des écoles disposant d’un espace pour cet objectif et ouvrir des postes budgétaires pour le recrutement des enseignants.
«Les élèves ont classe un jour sur deux, le volume horaire de chaque matière a été réduit à 45 minutes au lieu d’une heure, mais il a doublé pour l’enseignant qui refait le même cours avec plusieurs groupes, ce qui a impacté son rendement», témoigne le syndicaliste. Il explique que le rendement de l’enseignant diffère du premier au deuxième groupe, notamment en fin de semaine, où l’enseignant perd ses forces physiques et intellectuelles. Il estime que la répartition de groupes améliore l’assimilation des élèves, mais touche en parallèle à leur droit à une scolarité normale. «L’alternance de groupe a privé les élèves d’avoir des cours toute la semaine», ajoute notre interlocuteur, qui insiste sur la nécessité d’un recrutement pour un meilleur encadrement et une meilleure assimilation et de meilleures performances pédagogiques. En revanche, la reconduction du mode de scolarisation, adoptée l’année passée sans aucun aménagement, pourrait donner lieu à des actions de grève dès l’amorce de la prochaine rentrée scolaire, estime Kassad. «Des P-V de syndicats comme le Cnapeste ont convenu de débrayer dès le lancement de l’année scolaire si le mode de scolarisation de l’année passée est reconduit sans aucune modification au profit des enseignants».
«Le volume horaire de l’année passée a exténué les enseignants», dit Kassad. En temps normal, un enseignant a une moyenne de 18 heures dans les lycées et de 22 heures dans les collèges. «Mais ce volume horaire a sensiblement augmenté et éreinté les enseignants», poursuit M. Kassad. Notre interlocuteur exige, ainsi, d’aller vers l’ouverture de postes budgétaires et le recrutement des enseignants pour remédier au «déficit». Si la tutelle n’a livré aucune indication sur l’aspect organisationnel, le porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels estime que le volume horaire de la séance sera allongé à une heure au lieu de 45 minutes. <