Par Milina Kouaci
Le sondage lancé par le ministère de l’Education nationale sur l’évaluation du mode de scolarisation adopté durant l’année 2020/2021, et le mode d’enseignement à adopter l’année pédagogique prochaine n’est pas encore fini.
Les enseignants des trois cycles ont été appelés à répondre au sondage de la tutelle avant le 16 juin, mais les examens officiels ont empêché l’accomplissement de cette opération dans les délais. D’après Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), les résultats de ce sondage ne seront connus qu’après la proclamation des résultats des épreuves du Bac. «Le personnel enseignant a été mobilisé pour l’encadrement et la surveillance durant les examens de fin de cycle et nombreux sont toujours au niveau des centres de compostage et de correction qui n’est pas encore clôturée», dit M. Gaïd qui explique que le personnel enseignant n’a pas eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet.
Des formations syndicales seraient «favorables» à la reconduction du mode d’enseignement adopté depuis le début de l’année scolaire en cours dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pandémie de coronavirus, soit la répartition des élèves de la même classe en deux groupes, mais à la condition de réduire le volume horaire, de revoir les programmes d’enseignement et de recruter des enseignants.
C’est le cas du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) qui reproche à la tutelle de ne pas lever l’ambiguïté sur ledit sondage. «On ignore si les résultats de ce sondage sont valables même après un retour à la normale ou uniquement dans le cas où l’épidémie de coronavirus perdure encore», s’interroge Zoubir Rouina, secrétaire général du CLA. Si c’est le cas, le syndicaliste estime qu’il n’y a pas lieu de lancer ce sondage, car seul le comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de la situation sanitaire est en mesure de s’exprimer. «Nous étions obligés de travailler l’année passée en répartissant chaque groupe en sous-groupe pour pouvoir appliquer les dispositions du protocole sanitaire et garantir la distanciation physique entre les apprenants et le personnel enseignant pour empêcher la propagation de l’épidémie en milieu scolaire. Si on reprend le chemin de l’école l’année prochaine dans les mêmes conditions sanitaires, je pense que ce mode d’enseignement s’impose sans devoir consulter le personnel enseignant», estime Rouina. «Nous sommes pour le maintien de ce mode d’enseignement, à condition que la tutelle recrute des enseignants, diminue le volume horaire pour l’enseignant et revoit le programme pour un enseignement et une école de qualité», poursuit notre interlocuteur, qui suggère qu’aucun enseignant ne souhaite enseigner à nouveau des classes de 50 élèves si le comité scientifique lève les restrictions sanitaires. «Continuer de dispenser 32 à 36 séances par semaine d’une durée de 45 minutes pour chaque groupe a éreinté les enseignants. Nous avons accepté de travailler dans ces conditions parce que situation épidémique l’oblige», souligne M. Rouina, qui dénonce «l’austérité» qui a touché le secteur. «La tutelle doit recruter des enseignants. Nous avions accepté de travailler avec des solutions exceptionnelles qui répondaient à une situation sanitaire exceptionnelle. Mais les conditions de travail ne peuvent rester telles quelles», dit-il. Pour lui, «l’enseignement dans des conditions pareilles devient une corvée pour les enseignants et les élèves et se répercute inéluctablement sur le niveau de l’Ecole algérienne», alerte le secrétaire général du CLA. Il y a lieu de rappeler que les enseignants se sont plaints depuis le début de l’année scolaire de la densité du volume horaire dû aux aménagements opérés sur les emplois du temps en raison de la situation épidémiologique, qui a augmenté, notamment pour les cycles moyens et secondaires . Pour ces raisons, les enseignants ont observé des sit-in de protestation pour réclamer le recrutement d’enseignants, la diminution du volume horaire ainsi que la révision des programmes pédagogiques.