Le ministère malien des Affaires étrangères a mis fin, hier, aux spéculations en démentant l’information, véhiculée par certains médias, faisant état de rappel pour consultation de l’ambassadeur du Mali en Algérie.

Bamako soutient que le gouvernement malien continuera toujours à œuvrer au «renforcement des relations d’amitié et de fraternité» existant entre les deux pays. «Le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale informe l’opinion nationale et internationale que, contrairement aux informations véhiculées par un certain nombre de médias et de réseaux sociaux, il n’a jamais été question de rappel ni de l’appel en consultation de l’Ambassadeur du Mali en Algérie et du consul général à Tamanrasset», a souligné Bamako. Le gouvernement du Mali remercie même le gouvernement algérien «pour ses efforts inlassables en vue de hisser nos relations de coopération au niveau souhaité et de faire aboutir le processus de paix au Mali», a noté la même source, annonçant qu’«une rencontre à laquelle prendront part l’ambassadeur du Mali en Algérie, celui de l’Algérie au Mali, ainsi que le Consul général du Mali à Tamanrasset, se tiendra très prochainement à Bamako pour examiner toutes les questions d’intérêt commun et particulièrement celles relatives à la migration et aux affaires consulaires». Ce démenti franc de Bamako intervient après celui indirect d’Alger, qui avait démenti la veille de façon indirecte les informations qui ont circulé depuis mercredi sur un éventuel «coup de colère» des autorités maliennes à propos d’une supposée reconduite à la frontière d’immigrants maliens illégaux. Reconductions qui se seraient passées dans de mauvaises conditions. Des informations qui ont étonné, tant les relations entre l’Algérie et le Mali se caractérisent par la stabilité et la bonne entente. L’Algérie étant même engagée dans un processus de réconciliation intermalien dans l’objectif de trouver une solution à la crise politique sévissant dans ce pays du Sahel. Face à ces «informations» les autorités algériennes ont réagi en indiquant que l’ambassadeur de la République du Mali en Algérie, Nany Touré, a été reçu jeudi au siège du ministère des Affaires étrangères par le directeur général Afrique, Sofiane Mimouni. Le porte-parole des affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, soulignera à cet effet que  «dans le cadre de ses activités diplomatiques ordinaires» l’ambassadeur malien Nany Touré a été reçu, ce jour, au siège du ministère des Affaires étrangères, par l’ambassadeur directeur général Afrique. L’entretien a porté sur «les relations bilatérales et les perspectives de leur renforcement», a précisé Benali Cherif dans une déclaration à l’APS.

Tension sur la question des migrants
Ces démentis de la part des deux Etats concernés laisse interrogateur sur les intentions cachées de ceux qui ont poussé à colporter ce type de ragots. Selon plusieurs médias, notamment la BBC et Jeune Afrique, citant notamment la presse malienne, il était question de réactions du Mali aux mauvais traitements supposés des migrants de ce pays durant leur reconduction aux frontières. Ces allégations ont fait état du rappel de l’ambassadeur et du consul général du Mali à Alger pour «consultation» à propos de «la situation des migrants maliens présents en Algérie». Depuis le début de l’année, 1 641 Maliens ont déjà quitté le territoire algérien pour revenir au Mali. Beaucoup d’entre eux utiliseraient le territoire algérien comme passage vers l’Europe. Ces informations tendancieuses interviennent au moment où une tension est palpable sur cette question des migrants.
En mars dernier, une manifestation organisée par des jeunes Maliens, qui disaient avoir été refoulés d’Algérie, avait dégénéré devant l’ambassade algérienne à Bamako. Les manifestants se plaignaient d’avoir été victimes de «mauvais traitements» après leur arrestation en Algérie.
La manifestation a été dispersée par les autorités maliennes. Le démenti franc de Bamako et celui indirect d’Alger n’en laisse pas moins des interrogations subsister sur ces informations et leurs origines. Le gouvernement algérien ne cache plus son intention de faire face à la migration illégale. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a récemment été explicite sur cette question. «Nous sommes doublement destinataires d’un flux migratoire et nous n’avons aucun complexe pour dire que l’Algérie le traitera. Les migrants illégaux seront renvoyés chez eux. il s’agit notamment de notre sécurité nationale», a estimé le Premier ministre. Ouyahia a qualifié «d’affabulations» les accusations récurrentes de racisme visant l’Algérie, entretenues par certains médias et même certains pays voisins. Y aurait-il tentative de perturber des relations algéro-maliennes historiques empreintes de stabilité en exploitant l’épineux dossier des migrants clandestins ?