Les grands projets structurants retenus dans le plan de relance sont notamment le port de Hamdania au centre, les gisements miniers de Gara Djebilet, de zinc et de plomb d’Oued Amizour et les champs de phosphate de Tébessa.

La Conférence nationale sur le plan de relance économique, qui s’est tenue les 18 et 19 août au CIC d’Alger, a été sanctionnée par la présentation d’une série de recommandations issues des travaux de onze ateliers destinées à enrichir le plan de relance qui sera appliqué au cours des semaines prochaines, probablement à partir de septembre ou octobre prochains. Le Premier ministre Abdelaziz Djerad a, en ce sens, affirmé à l’issue de cette rencontre que les propositions des représentants des organisations patronales, des opérateurs, des syndicats et des unions professionnelles, ainsi que des experts et universitaires, seront intégrées dans la mouture finale du plan de relance économique et sociale destiné à faire redémarrer l’économie nationale et à renouer avec les sentiers d’une croissance forte et durable.
Les recommandations de l’atelier financement du développement s’avèrent très importantes. Dans la partie diversification des sources de financement de l’économie nationale, il est suggéré l’ouverture du capital de certaines banques et l’ouverture de banques spécialisées.
A cet égard, le président de la République n’a pas exclu, dans son discours à l’ouverture de la conférence, la création de banques privées détenues par les opérateurs locaux et la participation des entrepreneurs privés à la création de banques ou de succursales à l’étranger. L’atelier précité a également préconisé l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques, voire même leur privatisation. Il a suggéré la révision de la politique des changes pour stimuler les exportations hors hydrocarbures. Le rapporteur a souligné que la dépense publique continuera à être le moteur de la croissance pendant encore dix ans, mais que l’allocation des ressources financières de l’Etat devra être efficiente. Il prévoit l’ouverture du champ au secteur privé pendant la période pour qu’il puisse contribuer au financement de l’économie nationale. L’atelier suggère également la convergence des taux de change parallèle et officiel participant, nous semble-t-il, à une extinction du marché noir de la devise. Le rapporteur a indiqué que les grands projets structurants retenus dans le plan de relance sont en particulier le port de Hamdania au centre, les gisements de fer de Gara Djebilet et de zinc et plomb d’Oued Amizour, le grand projet de développement des gisements de phosphate de Tébessa. Il est prévu, a-t-on appris, la mise en place dans l’enceinte du port de Hamdania de zones franches et de plateformes logistiques permettant de créer plus de 100 000 emplois. Il est prévu également le développement du marché obligataire et d’utiliser la fiscalité comme facteur de régulation orientée vers la promotion des activités productives.
Par ailleurs, les propositions de l’atelier développement industriel s’avèrent aussi pertinentes. Elles suggèrent la stabilité du cadre juridique de l’investissement, la coordination entre les différents secteurs concernés par l’acte économique, la concertation avec le patronat et les opérateurs en vue de finaliser le code des investissements. L’atelier développement des ressources énergétiques préconise la conversion du parc automobile diesel qui constitue 70% du parc, la récupération des huiles usagées, dont le taux est de seulement 20% aujourd’hui, l’optimisation de l’appareil de raffinage en vue de supprimer les importations de carburants en 2021 ainsi que l’ouverture de l’aval au secteur privé. L’atelier suggère une recommandation très importante, la création de sociétés d’études et d’engineering par les experts nationaux et les compétences des universités encouragées par les pouvoirs publics. Cette proposition va dans le sens d’une réduction de la facture des importations de services qui s’élève à 12 milliards de dollars, quand on sait que la partie transferts de devises pour des travaux d’études et d’expertise par les entreprises représente une bonne portion de cette facture. <