Le développement des zones d’ombre, manifestement élevé au rang de priorité dans la feuille de route des hautes autorités du pays, va devoir compter prochainement sur le Fonds spécial autour duquel sera articulé l’objectif d’extirper les habitants de ces contrées des souffrances qu’ils continuent d’endurer, notamment en l’absence de infrastructures de base et bien d’autres services publics inexistants.

C’est ce qu’énoncent les recommandations formulées avant-hier à la clôture de la rencontre Gouvernements-walis en proposant également d’autres mesures allant dans la même finalité.
Il s’agit, entre autres, de la délégation des directeurs exécutifs de wilaya pour la concrétisation des projets en cas de blocage des assemblées communales élues. Une démarche qui sonne, à bien y regarder, comme un contournement de l’exécutif local quand il se rendrait responsable de la non-réalisation d’un projet de développement.
Les recommandations évoquent aussi «l’impérative actualisation et mise à jour de la cartographie des zones d’ombre, la détermination des projets urgents ainsi que leur adaptation à la spécificité de chaque région». L’on sait, à ce propos, que l’Algérie compte 15 000 zones d’ombre où vivent près de 9 millions de personnes.
Des chiffres auxquels a abouti le recensement lancé à l’issue de la première rencontre gouvernement-walis au mois de février dernier. Celle des 12 et 13 août suggère aussi la création d’un mécanisme placé sous l’autorité du wali pour le suivi de la mise en œuvre des projets et la mise en place d’une stratégie de développement de ces régions dans le cadre de la stratégie nationale de tous les secteurs.

Djerad en mode exigeant
Les propositions des participants ne semblent pas, cependant, convaincre Djerad pour qui il y a nécessité d’un «calendrier précis» pour la réalisation des projets inscrits. Mieux, Djerad a préconisé des évaluations mensuelles pour atteindre les objectifs dans les délais fixés, ce qui traduit une sorte de «contrat de performance» que les parties qui seront engagées doivent tenir au risque de garder ces zones dans leur situation actuelle où les commodités de vie les plus essentielles ne sont pas encore au rendez-vous. «Un calendrier sera arrêté avec le ministère de l’Intérieur et les autres départements ministériels pour une évaluation mensuelle de ce qui a été réalisé», a déclaré M. Djerad, qui n’a pas manqué l’occasion de «bousculer» les walis en relevant que «ce qui a été réalisé depuis la dernière réunion Gouvernement-walis, tenue en février dernier, ne représente que 10% à 20% seulement, au lieu de 50%, voire 60% attendus». Toujours à l’adresse des responsables locaux, M. Djerad a souligné que le programme élaboré dans ce cadre «doit donner ses fruits d’ici la fin de l’année en cours». M. Djerad a souligné, par la même occasion, que les programmes de rattrapage dans les zones d’ombre qui sont l’un des piliers du programme du Président de la République accusaient un «retard notable dans leur mise en œuvre». Bien que le Premier ministre souligne que ce retard peut être justifié par les répercussions de la pandémie de la Covid-19 et ses répercussions économiques, il a estimé cependant que ce retard demeure «inacceptable» dans la mesure où il est dû aussi à la «logique bureaucratique de certains gestionnaires locaux qui entravent le processus du gouvernement et le programme du Président en la matière».
Les chiffres communiqués jeudi, deuxième et dernier jour de la réunion gouvernement-walis, indiquent que nombre des opérations achevées dans le cadre des programmes de développement des zones d’ombre s’élèvent à 1 256 projets pour un montant de 15,95 Mds de DA au niveau de 1 014 zones d’ombre et au profit de 716 000 citoyens, et ce, sur un total de 11 815 projets inscrits pour une enveloppe de 207 mds de DA portant sur 9 502 zones. <