La vie dans les facultés et campus durant ces dernières semaines, consacrées essentiellement à l’achèvement de l’année pédagogique 2019-20, est marquée par une faible application des mesures de prévention, ce qui est loin de rassurer la tutelle en matière de lutte contre la propagation du nouveau coronavirus.

Le constat tend plutôt à inquiéter le département de l’enseignement supérieur dont la rentrée des classes est prévue le 15 décembre prochain, un rendez-vous qui risque de mettre au goût du jour les impréparations censées être corrigées, dans le sens où la vie universitaire devrait reprendre aujourd’hui, le 24 novembre, n’était le report décidé par le gouvernement suite à la recrudescence des cas de contaminations.
Le premier responsable du secteur ne cache pas ses appréhensions si l’on se fie à la note qu’il a envoyée aux responsables des établissements dans laquelle il a énuméré la faille constatée dans l’application du protocole sanitaire établi dans le cadre de la lutte contre la pandémie, qui a retardé la rentrée après avoir interrompu le déroulement des cours pédagogiques en mode présentiel au printemps dernier.
«Non port du masque, absence de distanciation physique, transports et cantines universitaires surchargés», sont autant de signes «d’insouciance» soulignés par M. Benziane, qui semble vouloir bousculer les recteurs pour plus de rigueur quand les facultés et les cités universitaires retrouveront la grande affluence des étudiants.
La note adressée par le ministre aux responsables des établissements a insisté à ce que la communauté universitaire se conforme au protocole sanitaire, à savoir le port du masque à l’intérieur du campus universitaire, le respect de la distanciation physique, et le contrôle dans le transport estudiantin et dans les restaurants U.
Par ailleurs, l’Office national des œuvres universitaires (Onou) qui gère les prestations hors pédagogie ne s’inquiète pas moins de la non-application des mesures sanitaires contre la Covid-19. Cette inquiétude est verbalisée dans une note-avertissement adressée à l’ensemble des services (résidences universitaires, transport…). Dans cette note, il a été expliqué qu’en cas de non-respect strict des gestes barrières, l’Onou sera obligée de prendre la décision de surseoir aux services qu’elle assure en matière d’hébergement, de restauration et de transport. «Il est primordial de veiller davantage à imposer le respect des mesures sanitaires et gestes barrières dans le milieu universitaire», a été écrit dans la note en question. Dans le détail, les employés de l’Office sont appelés, donc, à mettre fin à ces actes «d’imprudence», à ne pas dépasser le nombre de 25 étudiants par bus et de désinfecter les véhicules régulièrement. Il est important de noter que ces réactions sont venues après plusieurs lettres adressées à l’Office et autres parties responsables de l’organisation de la vie universitaire de la part des acteurs et animateurs d’organisations estudiantines. Ces organisations reprochaient aux personnels de l’Onou de ne pas tenir compte du protocole sanitaire, mettant en garde la tutelle sur les conséquences d’une telle «insouciance».
C’est dire, au final, que le département de Benziane a du pain sur la planche pour réunir les meilleures conditions pour une rentrée universitaire plus ou moins maîtrisée, d’autant plus que le renvoi de ce rendez-vous au 15 décembre devrait être mis à profit pour apporter les mesures nécessaires. <