Les bons résultats de la campagne moissons-battage 2018/2019 vont permettre une économie de 1 milliard de dollars sur la facture annuelle d’importation en céréales du pays. C’est le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche Cherif Omari qui l’a annoncé.
Ce dernier, qui se prononçait en marge d’un atelier consacré à la filière céréale et son développement, abrité hier par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a, par ailleurs, fait savoir à la presse que «cette économie de 1 milliard de dollars va se réaliser dès lors où nous n’allons importer ni de blé dur ni d’orge d’ici l’automne 2020».
Informant par ailleurs que sur les 60 millions de quintaux de céréales récoltés, la moisson de l’orge s’élève à 4 millions de quintaux. «Un important volume qui va non seulement répondre aux besoins de consommation, mais surtout de satisfaire ceux des éleveurs de bovins et d’ovins, étant donné que l’orge est un complément alimentaire nécessaire pour la bonne conduite de leurs élevages», a précisé le ministre. Ce dernier n’a, par ailleurs, pas caché son optimisme quant à l’avenir de la filière car, pour lui, «elle a, ces trois dernières années connu une croissance rapide». Sur ce constat, il dira : «C’est le résultat de tous les efforts des acteurs de l’amont à l’aval ».
Faut-il rappeler que le ministre avait, dans son discours d’ouverture, indiqué au parterre nourri d’experts nationaux et étrangers et autres chercheurs dans le domaine, avancé que « la progression va se poursuivre ». Il en est d’ailleurs convaincu « du moment où une feuille de route a été élaborée tirée des recommandations de la conférence nationale sur le développement de la filière céréales, organisée au mois de juillet passé », a évoqué le ministre.
La feuille de route a fait l’objet d’une large lecture reposant essentiellement sur les facteurs d’optimisation des rendements. Et sur ce registre, le patron du groupe Smid Tell, implanté dans la wilaya de Sétif, a présenté un exposé mettant en exergue les conditions à remplir pour obtenir de bons rendements et surtout des grains de haute qualité, c’est-à-dire comportant un taux d’humidité très bas. Le conférencier a, par ailleurs, fait savoir que des thèses ont été réalisées produites à partir de travaux menés par des étudiants des universités de Sétif et de Batna sur les hectares emblavés du Groupe Smid Tell.
Des travaux qui, selon le conférencier, démontrent que des rendements supérieurs à la moyenne de production peuvent être atteints à condition de suivre scrupuleusement les itinéraires techniques. De sont côté, le chercheur italien en blé dur Filippo M. Bassi a révélé son expérience dans le domaine. Ce dernier, qui cultive sur une très grande surface du blé dur, au Maroc, et dont il tire d’excellents résultats, estime qu’il serait plus judicieux de développer la culture du blé dur en Algérie, dont la nature du sol et le climat sont quasi identiques au Maroc et en Italie. «Nos pays gagneraient à se connaître sur la culture du blé dur et non pas sur le blé tendre.
C’est le blé dur qui a une plus forte plus value par rapport au blé tendre. Pour nous éclairer un peu plus, ce chercheur nous a expliqué : «Certes, pour faire du pain blanc, il faut du blé dur mais, toujours est-il, que le pain fait à partir du blé dur est beaucoup plus nutritif. C’est pourquoi, je me demande s’il n’est pas préférable de délaisser la culture du blé tendre, qui n’est pas du tout adaptée à notre milieu ambiant, au profit du blé dur, ne serait-ce que par souci économique». Soulignons qu’à la fin de cet atelier, il a été exposé les procédures décidées par le ministère de tutelle pour garantir de bonnes conditions d’exécution de la campagne céréalière 2019/2020.