Les signaux de contestation dans le secteur de l’Education nationale n’ont pas attendu le coup d’envoi de l’année scolaire pour s’exprimer et interpeller, par conséquent, les autorités publiques. Les enseignants contractuels semblent visiblement vouloir se placer dès l’entame de l’année scolaire qui s’annonce particulière pour porter notamment leur revendication d’intégration.
En effet, une vingtaine d’enseignants contractuels a observé, hier, un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger, pour réitérer leur plateforme de revendications de laquelle émerge celle énonçant l’exigence d’intégration dans le corps professoral.
Ces enseignants ont appelé le ministère de l’Education à délivrer des autorisations exceptionnelles pour l’intégration sans conditions ni restriction dans les postes vacants, avons-nous appris de Mustapha Kassad, porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels. Ce dernier reconnaît qu’en matière de recrutement, la réglementation en vigueur est «claire», mais de par leur «expérience», il juge «légitime» qu’ils revendiquent de rejoindre la Fonction publique sans passer par un concours de recrutement. Notre interlocuteur évoque, dans ce sens, les dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique qui stipule que l’employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique. «Nous souhaitons que notre situation soit régularisée comme les titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi», poursuit M. Kassad. Pour lui, «faire appel aux contractuels est une nécessité pour garantir un encadrement et une stabilité et une année pédagogique réussie sans obstacles dans le secteur de l’éducation». Pour ces raisons, il trouve «judicieux» de régulariser leur situation dans les plus «brefs délais». «Il rappelle que le ministère de tutelle leur a promis de statuer sur leur dossier et de trouver des «solutions consensuelles».
Les protestataires ont déposé un document au niveau de l’annexe du ministère comportant leur plateforme de revendications. Ces derniers insistent sur la «légitimité» de leurs revendications, consistant dans «leur intégration sans condition dans des postes vacants», la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, la valorisation de l’expérience professionnelle.
S’agissant de la rentrée scolaire qui aura lieu aujourd’hui pour le cycle primaire, Mustapha Kassad trouve «légitime» que les parents d’élèves craignent pour la santé de leurs enfants. «Le ministère a convié son partenaire social pour se concerter sur la rentrée scolaire et le protocole sanitaire préventif élaboré, mais sans leur fournir de détails sur les modalités d’application du protocole sanitaire ou de répartition des élèves dans les classes», dit M. Kassad. Ce dernier pense qu’il est «difficile» d’imposer le respect du protocole aux élèves du primaire, mais pas aux collégiens et lycéens qui ont de la conscience et qui sont en mesure de se protéger des maladies contagieuses, plaidant ainsi pour le «report» de la rentrée scolaire. n