S’exprimant hier en marge des travaux de la session ordinaire du conseil consultatif de son parti, Abderrezak Makri a invité les autorités à revoir certaines «failles» contenues dans la mouture de l’avant-projet portant code électoral.
Le chef islamiste a plaidé dans ce sens pour la criminalisation de tout acte de corruption, estimant que c’est une des conditions pour éloigner le spectre de la désaffection populaire lors des futures échéances.
Sur les rendez-vous électoraux attendus vraisemblablement à partir du printemps, Makri n’a pas manqué de réclamer des mesures d’apaisement en «hâtant la délivrance des agréments pour les partis en instance de constitution, en décidant l’ouverture du champ audiovisuel aux formations politiques…».
Makri a suggéré, à cet effet, au pouvoir politique, d’analyser «les raisons qui font que des Algériens s’éloignent davantage des rendez-vous électoraux», souhaitant que le comité Laraba, chargé de l’élaboration du texte, tienne compte des propositions et remarques soulignées par le MSP.
Makri s’est adressé également à l’ensemble des courants politiques qu’il a invités à «un travail de concertation» sur les questions consensuelles «pour renforcer le front interne et le projet national» dans une conjoncture qui recommande «un sens élevé des responsabilité de la part des acteurs politiques et sociaux, face aux menaces qui pèsent sur l’Algérie», a-t-il dit.
Le MSP avait réservé, faut-il le souligner, un accueil favorable à ce texte conçu pour le changement proposé au système électoral en vigueur, estimant qu’il «permettra une participation plus large des électeurs et une compétitivité plus accrue entre les candidats sur l’ensemble des circonscriptions électorales».
Pour sa part, le Rassemblement national démocratique (RND) et après avoir émis des réserves sur certaines dispositions, semble s’inscrire précocement dans les futures échéances qu’il compte aborder en injectant de nouvelles pratiques dans la vie du parti. C’est dans ce sens que la direction du Rassemblement a procédé hier à la création d’un Observatoire national d’analyse et de prospective, qui se veut «une force de proposition en matière économique, sociale, éducative et scientifique sur la base de principes scientifiques, académiques et objectifs».
Le secrétaire général du RND, Tayeb Zitouni, a affirmé, à cette occasion, que cette instance, composée de 32 membres, va établir «une passerelle entre le parti et l’Université algérienne qui compte des compétences scientifiques capables de soumettre des propositions objectives et d’orienter l’opinion publique à bon escient».
Selon M. Zitouni, «certains membres ne sont pas issus du RND et il ne leur sera pas demandé de le rejoindre», ajoutant qu’il est attendu d’eux «d’émettre leur avis sur les questions posées et d’analyser tout ce qui a trait au développement global». La création de cet observatoire «dénote de la volonté du parti de consacrer la nouvelle vision en termes d’action politique, esquissée lors de son 6e congrès qui avait plaidé pour remettre le parti sur les rails et tracer une feuille de route à même d’en faire une force de proposition, basée sur la compétence et le mérite et non sur l’allégeance et le népotisme», a conclu le même responsable. <