Les cours du brut ont chuté, hier, momentanément, en dessous de 30 dollars le baril, à Londres. Durant la matinée, le Brent a perdu plus de 10% de sa valeur, le pire plongeon journalier en quatre ans, sur fond de tension entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Hier, Saudi Aramco a fait savoir que l’augmentation de son offre de pétrole annoncée pour le mois d’avril pourrait être reconduite en mai, ce qui menace d’accentuer la chute des cours du brut dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale. Parallèlement à la dégringolade des cours du brut sur le marché mondial, les bourses mondiales ont crashé, hier, sous l’effet de la propagation inquiétante de l’épidémie du coronavirus. La Bourse de Francfort a plongé ; le Dax dévissant de 10,1%, sur un marché paniqué par l’aggravation de l’impact de la pandémie de coronavirus sur l’économie mondiale. La Bourse de New York poursuivait sa dégringolade, hier, après la reprise des échanges, interrompus peu après l’ouverture, en pleine panique autour de la pandémie de coronavirus malgré les efforts massifs de la banque centrale américaine pour tenter de rassurer les investisseurs. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’effondrait vers 14H00 GMT de 9,51%, alors que le Nasdaq, à forte coloration technologique, plongeait de 9,37%. Chute record en Australie, nouveaux reculs au Japon et en Chine, où l’étendue des dégâts se révèle encore pire que prévu : les Bourses ont piqué du nez de l’Asie-Pacifique à l’Europe malgré les efforts des banques centrales pour amoindrir l’impact économique du nouveau coronavirus. Les Bourses des pays du Golfe, très dépendants du secteur de l’énergie, se sont, elles aussi, effondrées, dans la journée d’hier emportées par la chute des prix du pétrole sur un marché où la demande ralentit en raison de la pandémie du nouveau coronavirus. L’Union européenne assimile la situation à un état de guerre. Les compagnies aériennes, pénalisées par les restrictions des voyages, subissent les effets catastrophiques de la pandémie, annonçant tantôt des départs massifs au chômage, tantôt des cas de faillites et/ou de mesures budgétaires drastiques. Le coronavirus fait tousser l’économie mondiale, pour ainsi dire, alors que nombre de pays craignent une forte récession dans les mois à venir.
L’Algérie devrait, elle aussi, subir inévitablement le double krach, celui du marché pétrolier, étant donné que le salut de l’économie provient d’une improbable remontée des cours du brut sur le très court terme, mais aussi celui de la récession mondiale, où le ralentissement économique et des échanges impactera forcément l’économie algérienne, très dépendante des importations. Si les conséquences de la chute des cours du pétrole sur l’Algérie sont plus au moins connues avec, au tableau, une baisse des recettes en devises, l’aggravation de déficits et la fonte accélérée des réserves de change, la récession mondiale aura comme impact la réduction drastique des échanges de l’Algérie avec l’extérieur, le rétrécissement de l’offre interne conséquemment à la baisse de l’importation des intrants, reflux et repli des investissements étrangers, chômage de masse et hausse de l’inflation des suites de la baisse de l’offre interne en biens et produits de consommation… La situation est telle que la récession constitue le plus grave danger pour toutes les économies de la planète avec, comme effet palpable, une crise sociale aiguë.<