L’économie du pays est à rude épreuve et experts financiers et universitaires estiment que «le pays doit s’attendre à des temps difficiles». A la question de savoir si le pays est en mesure de faire face à un longue période de crise, l’universitaire Farid Aberka dira : «J’en doute fort du moment que les cours du pétrole ne vont pas de si tôt connaître une hausse après être tombés si bas ces dernières semaines. Mais faut-il encore que la pandémie du Covid-19, qui est à l’origine de la récession économique, soit maîtrisée.» Ainsi pour ce dernier, «le gouvernement est donc appelé à s’adapter à une telle situation. Autrement dit prendre les mesures qui s’imposent entres autres des restrictions budgétaires dans son fonctionnement ». Selon Messaoud Chebahi, expert financier, «sans verser dans la sinistrose, le gouvernement va être mis à rude épreuve car dans de telles circonstances, il est évident que des solutions douloureuses seront inévitables. Comme il devra revoir à la baisse drastiquement sa facture d’importation et autres mesures pas du goût des citoyens aux faibles revenus». Un autre économiste, qui a tenu à garder l’anonymat, croit fort que si la pandémie venait à s’inscrire dans la durée, notamment en Chine, où sont implantés de grand pôles industriels, « on peut s’attendre à ce que certaines de nos unités industrielles, tributaires à un taux élevé d’intrants importés de Chine soient mises à rude épreuve. Ces unités industrielles risquent de se retrouver en cessation d’activité avec tout cela comporte comme conséquences, entre autres la mise en congé sans soldes du personnel». Notre interlocuteur nous fera remarquer que «des projets structurants en cours de réalisation vont se voir freinés faute d’équipements importés de l’Empire du milieu». Autre conséquence selon ce dernier : « L’activité dans nos ports pourrait connaître une baisse sensible. On ne saurait omettre de citer dans ce même ordre d’idées, le ralentissement de la mobilité des cadres des entreprises chinoises, détentrices de marchés publics en Algérie, à la suite de la décision de la compagnie aérienne algérienne Air Algérie de suspendre ses vols vers la Chine. En clair, les chantiers exécutés par les sociétés chinoises pourraient eux aussi connaître une baisse de cadence».
En définitive on peut avancer que l’impact de l’épidémie sur l’économie du pays est réel. Rappelons enfin que 18,55% des importations globales de l’Algérie, en 2019, venaient de la Chine. Ceci dit, il y a lieu de penser que la récession de l’économie mondiale qui s’annonce n’est pas sans mettre en mauvaise posture le pays du fait qu’il vient de passer une année blanche en termes d’activité économique. Preuve en est, de nombreux segments de la machine économique se sont retrouvés fonctionnant au mode ralenti. Pis encore, près de 400 entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics ont mis la clé sous le paillasson. Toujours au registre de la situation économique du pays, il y a lieu de souligner que les importations algériennes ont diminué, en 2019, de 4,50% et de même pour les exportations à hauteur de 6,60%, selon les chiffres publiés par les services des Douanes algériennes.