Par Bouzid Chalabi
Lancé officiellement en mars 2021, le recensement général de l’agriculture (RGA) s’est achevé dans les 4 wilayas pilotes. Les enquêteurs, qui ont sillonné les wilayas de Ghardaïa, Biskra, Tiaret et Batna, ont, en effet, finalisé cette opération «test» de recensement du patrimoine agricole et animal, a-t-on appris de sources concordantes.
Toujours d’après nos sources, l’ensemble des données récoltées sont au niveau des services compétents en la matière relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour traitement, «et surtout apporter des correctifs dans le processus si besoin est pour s’assurer de la fiabilité des données. Et ce n’est qu’après une profonde analyse que le feu vert sera donné pour la généralisation du RGA aux restes des wilayas du pays», confient nos sources. En somme, l’opération en question va se poursuivre et «pourrait s’achever à la fin de l’année», avance notre source.
Cela dit, il importe de rappeler, comme nous l’ont témoigné des agro-économistes approchés par Reporters, que ce nouveau RGA était rendu nécessaire, car le dernier en date, celui de 2002, est devenu à plus d’un titre obsolète au point où une profonde réactualisation des données dans un très large éventail était impérative. Et pour preuve, l’ensemble des institutions du secteur et le ministère de l’Agriculture travaillent avec des données vieilles de vingt ans, car issues du RGA de 2001. Du coup, une question s’impose : pourquoi attendre deux décennies pour lancer un troisième RGA, le premier datant de 1972 ? Certains responsables expliquent cette longue période par le manque de fonds nécessaires pour un chantier d’une telle envergure. «Et si aujourd’hui, le 3e RGA a pu être lancé, c’est grâce en partie à un don de 367 150 dollars de Trust Fund for Statistical Capacity Building III (Fonds fiduciaire pour le renforcement des capacités en matière de statistiques III)».
Un apport financier d’un grand secours car ce nouveau RGA repose sur la mise en place d’un système d’informations intégré qui sert à rassembler et actualiser l’ensemble des bases de données récoltées en s’appuyant sur des statistiques agricoles mises à jour. Le système pour être performant nécessite des compétences qu’il faut bien rémunérer. Toujours à propos de ce système, on apprend qu’il permet aux analystes de disposer de connaissances précises et parfaites des structures agraires en vue d’une meilleure visibilité du secteur et la mise à niveau du système d’information statistique actuel. Toujours dans ce même ordre d’idées, il convient de faire savoir que le nouveau recensement se fera, par ailleurs, selon une approche modulaire, préconisée par la FAO, avec un module de base dit Soft et des modules thématiques. Notons que le RGA Soft est le module de base dans lequel un questionnaire simplifié est utilisé, lequel comprend les données structurelles de l’agriculture avec un recensement exhaustif de l’ensemble des exploitations agricoles et d’élevage. Autrement dit, il sera fait appel aux applications technologiques à même de parvenir à des analyses qui ne souffrent d’aucune ambiguïté et surtout de faire ressortir des données crédibles. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de ce nouveau RGA, sinon à quoi bon mener un recensement pour aboutir à des données qui ne retracent pas la réalité et qui, plus est, peuvent fausser tous les programmes envisagés pour rendre notre agriculture perfectible.
Notons enfin, selon plusieurs sources, qu’une réunion de travail sera organisée dans les prochains jours et où prendront part toutes les parties prenantes avec pour ordre du jour «faire le point sur les données du RGA recueillies au niveau des quatre wilayas pilotes». n