Par Bouzid Chalabi
Aucune information n’a filtré à ce jour sur le niveau d’avancement du recensement général de l’agriculture ou RGA2021, lancé officiellement au mois d’avril 2021 et prévu à être clôturé quatre mois après. Faut-il en déduire que cette opération, certes de grande envergure, a bénéficié d’un délai supplémentaire ? Apparemment, nous nous acheminons vers le même scénario du RGA 2001, qui a connu d’énormes retards, non pas sur le terrain, mais dans l’élaboration des rapports de synthèse.
Seule indication que Reporters a pu recueillir auprès d’une source concordante, le travail de terrain, qui consiste en la collecte de données, est clôturé. «Après, il s’agit de répertorier les renseignements», fait savoir notre source. Mais, la démarche a traîné, à ce niveau, car il fallait que les analystes s’assurent de la fiabilité des données recensées, selon cette dernière. A ce propos, on apprend de notre source que la raison réside essentiellement dans le fait qu’une majeure partie des terres du domaine public de l’Etat a connu, ces dernières années, de véritables dérives à l’encontre des règles qui les régissent, «au point où il a été difficile de savoir qui est qui», lâche notre vis-à-vis. Plus explicite, il dira «c’est presque la totalité des classes d’exploitation sur les terres du domaine de l’Etat qui ont perdu de la superficie conséquemment à la rupture de l’indivision. Ce qui a conduit à ce constat de terrain, le partage du patrimoine entre les héritiers, autrefois l’exception, est aujourd’hui la règle». Toujours dans ce même ordre d’idées, selon un cadre du secteur proche du dossier des exploitations agricoles, relevant du secteur public, et qui a voulu garder l’anonymat, «si le RGA 2001 a fait ressortir des irrégularités, le RGA 2021 va, non seulement, les confirmer, mais découvrir qu’elles se sont multipliées». Autrement dit, «depuis le recensement de 2001, le morcellement des exploitations collectives s’est poursuivi au point où tout l’actif a été dilapidé, alors que le nombre d’héritiers a explosé avec comme corollaire de riches terres à l’abandon, tandis que d’autres sont louées à des tierces personnes étrangères au secteur». On comprend donc pourquoi la tâche va être difficile
aux recenseurs en ce qui concerne les
exploitations agricoles du domaine public.
Pour revenir au RGA 2021, l’expert en agronomie Mohamed Amokrane Nouad, contacté par nos soins, dira : «Le recensement actuel tombe à pic pour remédier et réactualiser l’ensemble des chiffres discutables issus du RGA 2001». D’autres agronomes partagent cet avis. Certains jugent même que le RGA 2021 sera d’une grande utilité pour le secteur de l’agriculture car il a été mené sur la base d’une approche modulaire préconisée. A propos de l’approche modulaire, «elle repose sur un module de base dit Soft et des modules thématiques», avait précisé le ministère de l’Agriculture et du Développement rural à l’occasion de l’annonce du prochain lancement du RGA2021. Il importe de savoir enfin que le RGA Soft est le module de base dans lequel un questionnaire simplifié est utilisé, lequel comprend les données structurelles de l’agriculture avec un recensement exhaustif de l’ensemble des exploitations agricoles et d’élevage.
Disons enfin que la base de données issue du RGA2021 est un moyen efficace de rendre le secteur plus performant., notamment sur le plan de la sécurité alimentaire du pays. n