Le 6e recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) devra être parachevé en 2022, a déclaré le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, hier à Alger, lors d’une rencontre organisée à l’occasion de la journée mondiale de la population sous le thème «Vers une résilience démographique : exploiter les opportunités pour un avenir meilleur».

PAR INES DALI
Ce recensement, qui connaît un certain retard car prévu initialement pour le premier semestre 2022, constitue «une source précieuse d’informations pour enrichir les bases de données actuelles, ce qui permettra de prendre les mesures nécessaires pour remédier aux insuffisances et, surtout, mettre à profit les capacités de chaque citoyen au service du développement de notre pays», a affirmé le ministre devant un parterre de nombreux invités, dont les représentants du Fonds des Nations unies pour la population, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que le directeur de l’ONUSIDA en Algérie et le coordonnateur résident du système des Nations unies, outre les membre du Comité national de la population.
Le ministre a lancé aux différents participants, dont les cadres de la santé et autres départements ministériels, un appel à «un débat large et transparent pour une résilience démographique mettant à profit toutes les opportunités pour un avenir meilleur de la population et du pays». Les membres du Comité national de population ont été également appelés à «mettre à jour et à déterminer la politique nationale de population à l’horizon 2030», en adoptant «une approche basée sur la résilience démographique et en renforçant la coopération intersectorielle pour l’élaboration et la mise en œuvre des programmes et activités dans le domaine de la population et du développement».
Ce 6e RGPH dont la tenue était annoncée au plus tard pour juin 2022, n’a pas pu se tenir cette à échéance, car les préparatifs ont pris plus de temps que prévu. Des «difficultés» ont été rencontrées lors des premières étapes préparatoires à cette opération, avait fait savoir le directeur général de l’Office national des statistiques (ONS), Youcef Bazizi en mars dernier. Le ton était ainsi donné laissant entendre qu’il y aurait un glissement de calendrier afin de parvenir à une préparation optimale et réussir ce «rendez-vous important». Il a expliqué que la préparation du recensement doit être «minutieuse pour parvenir à des résultats optimaux qui garantissent une meilleure planification de la politique générale du pays, en matière de prise de décisions liées aux besoins des citoyens dans divers domaines», notamment économique et social. Pour ce faire, un programme de formation spéciale pour la préparation du RGPH a bénéficié aux délégués des circonscriptions administratives, entre autres opérations de préparation.
Il y a lieu de noter que l’Algérie n’a pas effectué de recensement de la population depuis quatorze ans, alors que celui devrait, normalement, être effectué tous les dix ans. Les dernières données disponibles sur le nombre d’habitants sont celles de l’ONS qui a indiqué que le nombre d’habitants de l’Algérie est passé à 44,6 millions au premier janvier 2021, contre 44,3 millions au premier juillet 2020.
Quant au 5e RGPH, il a été effectué, rappelle-t-on, en avril 2008. Il faisait état d’une population de 34,8 millions d´Algériens résidaient en Algérie.

Nécessité d’«efforts supplémentaires pour rattraper les insuffisances»
Lors de la journée d’hier, le ministre Benbouzid a mis en exergue la volonté de l’Algérie d’«investir dans la population qui reste la source de tout développement», c’est pourquoi connaitre avec exactitude la population est d’une importance capitale. Il a indiqué que l’Algérie donne «la priorité au développement et non au contrôle de la hausse ou de la diminution de la population», ajoutant que le pays, à travers sa législation, a choisi de «solutionner le problème de la démographie de façon positive, en le considérant comme un facteur de développement économique pour le bien-être de la société».
Dans ce sens, il a donné des chiffres sur la mortalité infantile durant les dernières années, qui est estimé à «18,9 cas de décès pour les moins d’un an sur 1000 naissances vivantes», tandis que «la mortalité maternelle a atteint 48,5 cas de décès sur 100.000 naissances vivantes». Concernant l’espérance de vie à la naissance, qui reste un indicateur reflétant l’état de santé de la population, elle s’élève à «plus de 77 ans pour les hommes et les femmes», alors que «cet indicateur était de 50 ans pour les hommes durant les années 1970», a rappelé Benbouzid. Cet indicateur, a-t-il dit, a augmenté grâce aux efforts et travail accomplis par tous sous la direction des structures responsables auxquelles échoit la mission de l’amélioration de la qualité de vie de la population. Une amélioration que le ministre a qualifiée de «notable, plaçant notre pays à un niveau qui démontre une meilleure qualité de vie».
Aussi, l’investissement dans le secteur de la santé se poursuit en se basant sur les principes fondamentaux pour «garantir une santé de proximité de qualité pour tous, avec une attention particulière aux femmes en âge de procréation, aux enfants, aux personnes aux besoins spécifiques et aux personnes âgées», a soutenu Benbouzid. Toutefois, «en dépit de l’avancée réalisée, il reste des efforts supplémentaires devant être réalisés pour rattraper les insuffisances dans tous les domaines et renforcer l’intégration des objectifs démographiques dans les différents programmes de développement économique, social et environnemental», a signalé le ministre, lors de cette rencontre à laquelle ont participé, également, les membres du Comité national de la santé, de la reproduction et du bien-être familial, des représentants d’autres départements ministériels, ainsi que des représentants de la société civile.