L’un des points inscrits à l’ordre du jour de la réunion du gouvernement, samedi 28 août, a porté sur le recensement de la population prévu en 2021, mais qui n’aura, vraisemblablement, pas lieu avant l’année prochaine. L’une des raisons de ce retard est la crise sanitaire et la difficulté de mener une telle opération, alors que la menace de la Covid-19 demeure encore prégnante, certains experts n’excluant pas une quatrième vague dans les prochaines semaines.

Par Lyes Sakhi
A bien lire le communiqué du Premier ministère sur cette réunion du gouvernement, il semble bien que ce n’est pas uniquement la crise sanitaire – un obstacle majeur – qui soit à l’origine du retard pris dans le recensement de la population. Selon ce document, le gouvernement a entendu «une communication présentée par le ministre de la Numérisation et des Statistiques sur un projet de marché de gré à gré simple prévu entre l’Office national des statistiques (ONS) et Algérie Télécom Mobilis (ATM) dans le cadre de la réalisation du 6e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH)». C’est, donc, l’outil numérique qui n’est pas encore au point pour le dénombrement individuel et nominatif des Algériens de tous âges et des deux sexes, habitant ou domiciliés dans les différentes communes du pays. L’annonce d’un recensement de la population a été faite à la fin du mois de janvier 2021 par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. A l’époque, Kamel Beldjoud avait déclaré que «toutes les mesures nécessaires» avaient été prises pour la réalisation, courant 2021, du 6e Recensement général de la population et de l’habitat «si la situation sanitaire s’y prête». En réponse à une question d’un député sur le retard pris par le gouvernement pour lancer cette opération, M. Beldjoud avait assuré que «toutes les mesures techniques, financières, humaines et juridiques ont été prises».
D’après l’indication du communiqué du Premier ministère, selon laquelle le ministre de la Numérisation, Hocine Cherhabil, sur le marché contracté entre l’ONS et le téléphoniste Mobilis, il semble bien qu’il manquait encore une mesure sans relation avec la
crise sanitaire, comme l’a déclaré le ministre de l’Intérieur, fin janvier 2021. «La conjoncture sanitaire exceptionnelle que vit notre pays du fait de la propagation de l’épidémie de la Covid-19 a eu un impact négatif sur le déroulement de l’opération», ce qui a empêché la Commission nationale chargée de ce recensement de «fixer la date de son organisation», avait déclaré M. Beldjoud. Pour des «données statistiques précises et fiables», à même de contribuer à asseoir les politiques publiques futures et à mettre en place des plans de développement «efficaces» en coordination avec l’ensemble des parties concernées, les pouvoirs publics se sont attelés à la mise en place d’un plan pour le déroulement de «cette opération, à son suivi ainsi qu’à la prise de toutes les mesures indispensables y afférentes», a-t-il soutenu. Plus intéressant encore, fin janvier 2021, le ministre de l’Intérieur avait affirmé que l’ONS «a conclu un marché avec l’entreprise Mobilis, portant acquisition de 57 000 tablettes» contenant des applications automatiques pour la collecte, en temps réel et de manière précise, de données statistiques. Ce qui rendra possible leur exploitation par les autorités à l’effet d’asseoir des politiques publiques basées sur «des données fiables», a-t-il assuré. Avec trop d’empressement, sans doute.