Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé, mardi, lors d’une conférence de presse à Genève, un appel aux gouvernements du monde entier pour redoubler de vigilance face à l’augmentation des cas de contamination à la Covid-19 enregistrée dans plusieurs pays.

Il a souligné à ce sujet qu’« alors que les hospitalisations et la transmission de la Covid-19 augmentent, les gouvernements doivent déployer des mesures testées et éprouvées comme le port du masque, une ventilation améliorée et des protocoles de dépistage et de traitement ». Tout en martelant : « Alors que le virus fait une percée, nous devons le repousser », et ajoutant que « la pandémie de la Covid-19 est loin d’être finie ».
En Algérie, la courbe de la propagation du covid enregistre une légère hausse, ces derniers jours, dépassant quotidiennement la barre des dix cas par jour et parfois même dépassant les vingt cas par jour. Pourtant, la situation épidémiologique s’était stabilisée durant plusieurs semaines avec moins de dix cas de contamination par jour et parfois jusqu’à un à deux cas par jour, selon le bilan officiel quotidien du ministère de la Santé,
Le porte-parole du Comité scientifique de lutte contre la Covid, Dr Djamel Fourar, a souligné à propos de cette légère hausse que « cela est certainement dû au regroupement des familles dans des espaces fermés, notamment à l’occasion de la célébration de l’Aïd Al Adha ».
S’exprimant sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, Dr Djamel Fourar lance un appel à la population pour le respect des gestes barrières, en soulignant que «le danger est toujours présent et il faut que les citoyens prennent conscience que la vigilance est toujours de mise et qu’il faut impérativement respecter les mesures préventives contre les risques de contamination, notamment le port du masque surtout dans les milieux clos et pour les personnes vulnérables ».
De son côté, la directrice de l’Etablissement public de santé de proximité de Bab El-Oued, Dr Nadia Jeli, a aussi lancé un appel sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale pour encourager les citoyens à se faire vacciner. Affirmant que « la vaccination est toujours en cours dans toutes les unités de santé au niveau national».Elle a également rassuré sur la mobilisation des professionnels de la santé en cas d’une forte propagation du virus, en déclarant que « le personnel médical est pleinement préparé à prendre en charge les malades Covid au niveau de toutes les structures hospitalières et des structures de santé de proximité ».
Récemment, le président de la Société algérienne d’infectiologie, Dr Mohamed Yousfi, avait également préconisé la poursuite de la vaccination pour les personnes les plus vulnérables, telles les personnes âgées, les femmes enceintes et les malades chroniques qui ont des risques de développer des formes graves de la maladie dans certains cas de contamination à l’omicron et surtout à son sous-variant B5 qui domine actuellement. Il avait aussi expliqué que le sous-variant B5 se distingue certes par une forte contagiosité mais, également, par des formes modérées ou asymptomatiques mais peut être dangereux pour les personnes citées, d’où l’importance de se faire vacciner.
Le même appel à la vaccination a été lancé, lundi dernier, par l’Union européenne dont plusieurs pays font face à une 7e vague dont le pic est attendu à la fin de ce mois de juillet. Ainsi, l’Union européenne recommande un 2e rappel de vaccin pour tous les plus de 60 ans et pour toutes les personnes vulnérables, indiquent le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans un communiqué commun. « L’Europe est confrontée à « une hausse des cas de Covid mais aussi à une tendance à la hausse du nombre d’hospitalisations ou d’admissions en urgence dans plusieurs pays, principalement du fait du sous-variant BA.5 d’Omicron plus contagieux », a souligné la directrice de l’ECDC, Andrea Ammon. Cette dernière a aussi insisté sur le fait que « cela signale le début d’une nouvelle vague étendue de Covid-19 à travers l’Union européenne. Il y a encore trop de gens à risque d’une infection grave au Covid que nous devons protéger dès que possible », a insisté la responsable européenne.

L’OMS alerte sur les risques de nouvelles vagues du Covid

Pour rappel, l’OMS avait prévenu fin juin qu’elle s’attendait à des « niveaux élevés de diffusion du virus cet été, du fait du caractère plus contagieux du sous-variant BA.5 ».
Il est à noter qu’en Chine, la ville de Macao, qui avait jusqu’ici réussi à se détacher de la politique chinoise « zéro-Covid », a, pour la première fois, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, décidée de confiner depuis le 11 juillet dernier les 650 000 habitants de la ville après avoir enregistré plus de 1 500 infections ces trois dernières semaines.
Mais ce qui inquiète en ce moment l’Organisation mondiale de la santé, c’est le sous-variant d’Omicron BA.2.75, baptisé Centaure, qui est d’abord apparu en Inde avant de se propager à plusieurs autres pays. En effet, « après s’être rapidement propagé en Inde, on devrait le voir se répandre dans le monde entier à grande vitesse en cette période de vacances », avait indiqué l’OMS. Il est également précisé que, selon les premières études, Centaure se distingue des autres variants par sa probabilité à résister aux anticorps, ainsi que par sa vitesse de propagation. Une douzaine de cas de contamination au Centaure ont déjà été identifiés en Europe, plus précisément au Royaume-Uni, en Allemagne, au Luxembourg au Japon, tandis que d’autres personnes infectées seraient enregistrées aux Etats-Unis, en Australie, au Japon et en Indonésie. Les experts prédisent d’ores et déjà que la prochaine vague du sous-variant Centaure risque de déferler sur le monde en automne prochain.
Face à toutes ces données et suite à la publication par l’OMS des résultats de la dernière réunion du Comité d’urgence sur la Covid-19, qui s’est tenue vendredi dernier, l’agence onusienne a ainsi annoncé le maintien de la pandémie de la Covid-19 au rang « d’urgence de santé publique de portée internationale », le plus haut degré d’alerte de l’organisation, suite à une décision unanime du Comité. L’OMS a tenu à relever l’augmentation récente du nombre de cas de la Covid-19 dans différentes régions du monde, ainsi que l’absence de mise en place de mesures de santé publique adaptées dans les régions touchées par une résurgence des cas.