PAR INES DALI
Entrée en service de son premier Centre de bioéquivalence, commercialisation du vaccin anti-Covid-19, CoronaVac, qu’il fabrique localement, telles sont les réalisations du groupe Saidal. Enrichir et diversifier ses gammes de produits, augmenter son chiffre d’affaires et améliorer son classement sont les objectifs, entre autres, qu’ambitionne d’atteindre le groupe pharmaceutique, selon sa Présidente-Directrice générale, Fatoum Akacem.
Le lancement de la commercialisation du CoronaVac, vaccin anti-Covid-19, produit par le groupe Saidal sur le site de Constantine, en partenariat avec les laboratoires chinois Sinovac, ne saurait tarder après l’obtention de la décision d’enregistrement par l’Agence nationale des produits pharmaceutique le 30 décembre, selon Mme Akacem, qui s’exprimait, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.

Vers l’accréditation de l’OMS pour l’exportation du CoronaVac
Cette décision «équivaut à une autorisation à la commercialisation aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale», a-t-elle ajouté. Pour l’exportation, une autre condition doit être satisfaite, à savoir obtenir une homologation devant être délivrée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «On peut d’ores et déjà exporter, mais certains pays exigent une accréditation de l’OMS», a-t-elle expliqué, avant de souligner que «les échanges ont bien avancé» et «un expert de l’OMS est attendu incessamment en Algérie».
Saidal détient déjà près de 2 millions de doses de vaccins dans ses stocks, après la sortie de la première fiole fin septembre dernier.
Avant la mise du produit sur le marché, il était nécessaire de suivre les procédures en vigueur dans le domaine pharmaceutique. «Grâce à l’accompagnement par le ministère de l’Industrie pharmaceutique et de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, le premier flacon de CoronoVac est sorti le 29 septembre 2021 (…). Il a fallu ensuite passer par des lots de stabilité qui sont désormais validés», a indiqué Mme Akacem. Concernant la cadence de production, elle a affirmé qu’au niveau de Saidal, «nous pouvons produire, selon notre contrat avec le partenaire chinois, jusqu’à 96 millions de doses par an». Ce sont des quantités «destinées à satisfaire aussi bien le marché national qu’international». Pour l’exportation, les marchés cibles sont «les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale en négociations avec le partenaire chinois, tel que stipulé par le contrat liant les deux parties», a-t-elle fait savoir.
Pour sa part, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a indiqué que Saidal s’adaptera «aux besoins nationaux, selon le rythme de la campagne de vaccination, et internationaux, selon les opportunités d’exportation».
Force est de constater que le rythme de la vaccination actuelle ne suit pas la disponibilité des doses de vaccins. L’Algérie dispose déjà de 10 millions de doses de différents vaccins en stocks, selon le dernier chiffre révélé par le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie la semaine dernière. A cela viennent s’ajouter les doses de CoronaVac produites localement. Quant au nombre de personnes vaccinées, il reste loin des objectifs malgré la disponibilité des anti-Covid-19. Le ministre de la Santé en a fait état jeudi dernier. Il a indiqué que «6 996 002 personnes ont reçu une seule dose, 5 763 106 personnes ont reçu deux doses et 147 250 personnes ont reçu la 3e», avant de lancer un énième appel à la population pour une plus grande adhésion à l’acte vaccinal.

Le Centre de bioéquivalence bientôt opérationnel
Pour le Centre de bioéquivalence, Mme Akacem a indiqué qu’il sera opérationnel dans moins de deux semaines. «Le premier centre de bioéquivalence en Algérie sera celui de Saidal. Ce Centre sert à démontrer qu’un médicament générique est une copie conforme de la molécule mère (…), ce qui facilitera grandement l’exportation des produits pharmaceutiques algériens puisqu’il s’agit d’une exigence réglementaire importante», a expliqué la PDG de Saidal. En outre, il sera appelé à faire de la bioéquivalence pour des multinationales activant en Algérie. Il est composé de «compétences algériennes locales» et «sera ouvert, à l’avenir, aux compétences nationales établies à l’étranger».
L’autre ambition du groupe Saidal est de doubler, pour les deux années à venir, son chiffre d’affaires qui est de l’ordre de 10 milliards de dinars, ce qui permettra «un meilleur classement du groupe qui passera à la 3e place au lieu de la 8e actuellement», a noté sa PDG. Pour ce faire, elle a évoqué une stratégie de développement basée essentiellement sur une politique commerciale plus agressive» dont le socle est l’enrichissement et la diversification des gammes de produits, qui «ne se fait pas dans l’improvisation», en allant, notamment, vers de «nouveaux axes et classes thérapeutiques», ainsi que le développement du partenariat. Deux domaines sont cités dans ce sens, la fabrication des cartouches et des stylos d’insuline avec les laboratoires Novo Nordisk et les produits oncologiques avec un partenaire sud-coréen.