Le dessalement d’eau de mer vient à point pour Annaba et sa région. Il faut dire que la région connaît depuis quelques années un stress hydrique qui n’a pas été sans conséquence sur la vie de tous les jours des wilayas de Guelma, El Tarf et Annaba. Trois wilayas qui souffrent d’un manque d’eau pour les ménages, l’agriculture (la tomate notamment) et l’industrie aussi, grande consommatrice d’eau, comme la sidérurgie à El Hadjar.

Annaba a d’ailleurs été le théâtre de manifestations de colère contre le manque, puis l’absence d’eau pendant des semaines lors de l’été 2016. Un plan Orsec a été déclenché et réussi pour parer au plus pressé. Mais la solution idoine et durable devait être le dessalement d’eau de mer, une option retenue et devenue irréversible eu égard à une grande consommation du précieux liquide face à une offre des barrages de la région de plus en plus pauvre, le dérèglement climatique y étant pour beaucoup. C’est sans doute pour cela que les pouvoirs publics ont accéléré les choses et escomptent faire une ouverture des plis pour la réalisation d’une station de dessalement d’eau de mer au cours du premier trimestre de la nouvelle année. La région de Draouch, au sud de la wilaya d’El Tarf, a été choisie pour accueillir le projet. Le choix n’a pas été fortuit vu que Koudiat Draouch, pour être plus précis, a bénéficié il y a quelques mois d’une centrale électrique, l’une des plus importantes du pays, grâce à laquelle Sonelgaz a définitivement réglé le problème des coupures récurrentes de l’énergie électrique pour Annaba et ses environs. Après la station de Draouch, il y aura aussi une autre similaire, à Zéralda, qui alimentera la wilaya de Tipasa et l’ouest d’Alger. Tout cela pour une politique d’exploitation de l’eau de mer pour combler des manques que les barrages n’arrivent plus à combler. Le projet de Draouch, d’une capacité de 300 000 mètres cubes par jour «vise à promouvoir les capacités de collecte et de distribution de l’eau» au profit des trois wilayas citées plus haut, selon un responsable de l’hydraulique de la wilaya d’Annaba. Il faut savoir quand même que 60 % de cette capacité ira à la seule Coquette.
Dix-huit mois seront nécessaires pour que l’eau de la station de Draouch coule dans les robinets, en plus de l’apport à l’agriculture et l’industrie.
Cette station sera accompagnée par des opérations de réhabilitation et de ré-exploitation de puits, d’une conduite d’eau à Lahchinete (El Tarf), et surtout la réparation de plus de 2 000 fuites d‘eau, des déperditions qui ne sont pas, hélas, du seul apanage de Annaba et de sa région.
Avec l’entrée en exploitation de
la station de dessalement de Draouch, le volume d’eau offert à Annaba sera de 80 000 mètres cubes/jour. Une quantité à même de répondre aux besoins de la population locale, mais qui sera, encore une fois, insuffisante pendant la saison estivale où l’antique Hippone verra sa population multipliée par trois, ses plages ayant un effet attractif sur les vacanciers de la belle saison.
La réalisation de stations de dessalement d’eau de mer, un luxe autrefois, s’imposent au fil des ans comme une nécessité absolue, vu que la météo, avec le dérèglement climatique, devient des plus imprévisibles et des plus capricieuses. Pour rappel, le programme de dessalement de l’eau de mer, lancé en 2003, a prévu la réalisation de 13 stations d’une capacité totale de 2,31 millions de m3/jour, ce qui représente près de 850 millions de m3/an.
À ce jour, onze stations ont été réalisées et mises en service pour une capacité de 2,1 millions de m3/j, soit un volume de 770 millions de m3/an représentant 17% de la production nationale d’eau potable, pour un montant d’investissement global de près de 3 milliards de dollars.
Avec l’entrée en service des deux stations d’El Tarf et de Zéralda à Alger, la capacité journalière du dessalement devrait passer à 2,31 millions de m3, ce qui représente près de 850 millions de m3/an.<