Déjà auteur de quatre buts de la tête cette saison, Karim Benzema confirme la nouvelle dimension qu’il a prise dans ce domaine. Peu sont ceux qui, aujourd’hui, font mieux que l’attaquant français dans l’exercice. Tout sauf un hasard.
Fraîchement élu meilleur joueur de la saison dernière par Marca, constamment adoubé par Zinedine Zidane, Karim Benzema n’en finit plus de faire des merveilles avec la tunique du Real Madrid. Son intelligence de jeu et son sens du collectif ont toujours été mis en avant, ses qualités devant le but ne sont plus à prouver. Mais du haut de ses 33 ans, KB9 arrive encore à se renouveler : le voilà redoutable dans les airs.
Les derniers exemples sont tout frais. Le 9 décembre dernier, Benzema qualifiait le Real Madrid pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions en inscrivant, de la tête, les deux buts des siens contre Mönchengladbach (2-0). Moins d’une semaine plus tard, il forçait la décision face à Bilbao (3-1) avec un nouveau doublé, dont un «coup de casque». Le voilà à onze buts pour quatre de la tête cette saison, soit 36% de ses réalisations de la sorte, alors qu’il est à 15% sur l’ensemble de sa carrière (49 sur 326).
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C’est simple, Benzema fait aujourd’hui partie de l’élite dans le domaine. En Liga ? Parmi les joueurs encore en activité, seuls Cristiano Ronaldo (52), Fernando Llorente (43), Sergio Ramos (35) et Christian Stuani (30) ont fait mieux que ses 27 buts. En Ligue des champions ? Il est le troisième buteur de l’histoire de la compétition dans cet exercice, avec 15 buts, derrière Cristiano Ronaldo (24) et Robert Lewandowski (16).
Si l’ancien Lyonnais n’a conclu que trois saisons sans marquer de la tête dans sa carrière (les trois premières), il n’a jamais pour autant été un monstre dans le domaine aérien. Le moment de bascule est très clair : le départ de Cristiano Ronaldo vers la Juventus en 2018. Avant cet été-là, Benzema n’avait jamais marqué plus de six fois dans les airs sur une saison. Lors du premier exercice sans CR7, il a atteint la barre des 11, soit 36% de ses réalisations. Il est certes retombé à quatre la saison dernière, mais a déjà égalé ce total depuis la reprise.

UNE ÉVOLUTION PHYSIQUE IMPRESSIONNANTE
Le fruit de son travail, bien sûr, mais aussi de sa projection sur le devant de la scène après le départ du Portugais. Le média espagnol Onda Cero, qui s’appuie sur le journaliste Antonio Esteva, explique en effet que l’un des objectifs de Zidane après la vente de sa star fut de responsabiliser Benzema. Ce qui passait par une progression dans certains domaines, dont son jeu de tête, qui a fait l’objet de séances spécifiques selon le média espagnol.
L’évolution de Benzema est également physique, en particulier depuis 2017, année où il avait perdu cinq kilos selon ses propres déclarations. Il suffit aujourd’hui de suivre un minimum les vidéos postées par le buteur madrilène sur les réseaux sociaux pour comprendre d’où viennent ses qualités athlétiques, indispensables à la domination du ballon dans les airs.
Aujourd’hui, le constat est implacable : en Europe, seul Lewandowski a marqué plus de buts de la tête que Benzema depuis que Ronaldo est Turinois. Un atout crucial devant le but bien sûr, mais également dans le jeu de remise de l’intéressé, désormais comparé à la légende Santillana, recordman du nombre de buts de la tête chez les Merengue. Alors, qui de mieux que ce dernier pour décrypter les statistiques du Français.

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«Benzema n’est pas un spécialiste comme Zamorano, Morientes ou moi-même, mais comme Cristiano n’est plus là, il domine plus la surface et a ajouté le jeu de tête à son large répertoire. Cela représente une nouvelle évolution de son football, qui était déjà de haut niveau, a félicité l’ancien joueur dans les colonnes d’ABC. J’aime la façon dont il utilise son dos face aux défenseurs et se place entre les deux centraux, ou comment il menace d’aller au premier poteau puis d’attaquer le deuxième».
De son côté, voilà plus d’un an que Zidane est admiratif à ce sujet. «Je ne le voyais pas aussi bon de la tête. Mais vraiment, lançait-il après un triplé de son poulain contre Bilbao, en avril 2019. Il est toujours au bon endroit, il saute au bon moment.
Il a cet instinct de se mettre toujours là où il faut. Je suis content parce que son travail paye». Ça, c’est en quelque sorte l’histoire de la carrière de Benzema. Cette arme est certainement la moins innée de toutes celles dont il dispose. Mais elle pèsera bientôt 50 buts. n