La sortie du trio de militants, Ali-Yahia, Benyelles et Ibrahimi n’a pas manqué de faire réagir la classe politique et la société civile. Tels des briseurs de tabous, ils n’ont pas lésiné sur les mots pour appeler directement l’Armée à enclencher un dialogue « franc » avec le mouvement populaire. Leur appel vient après le constat de l’impossibilité de tenir une présidentielle le 4 juillet et l’impasse dans laquelle se trouve le pays.
Ces vieux militants au fait de la chose politique ont tenté d’esquisser un début de solution en s’adressant directement au commandement de l’Armée.
Leur sortie, même si elle ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique et des citoyens, a le mérite d’avoir suscité de multiples réactions.
Plusieurs formations politiques ont approuvé cet appel, alors que d’autres ont réaffirmé leur attachement à leurs initiatives respectives. Mais tous s’accordent pour une solution consensuelle et la nécessité d’amorcer un processus de dialogue. Tout comme il y a consensus autour de la nécessité de hâter le règlement de la crise. Point commun : la primauté de la solution politique sur celle constitutionnelle.
Face à cet état de fait, encore une fois, la réaction de l’Armée reste la plus grande inconnue. Que dira-t-elle face au rejet de l’échéance du 4 juillet et la multiplication des propositions alternatives ? Mais aussi et surtout comment réagira-t-elle aux appels qui lui sont directement destinés ? Il s’agit peut-être de savoir si l’institution militaire sera réceptive à ces appels et œuvrer à une solution de sortie de crise qui tend à s’installer dans la durée.
A l’évidence et en l’état actuel de la crise, l’institution militaire se positionne à nouveau comme acteur majeur et que par conséquent le dialogue attendu ne saurait se faire sans son accompagnement comme réclamé par plusieurs parties de la scène politique.
En attendant d’en savoir plus sur la posture qu’aura à prendre ou non le haut commandement de l’Armée, la multiplication des initiatives, même si elles sont toutes porteuses de points de convergence, n’en pose pas moins la question sur l’absence d’une démarche unitaire de sortie de crise.