Synthèse Salim Benour
Au deuxième jour des manifestations déclenchées lundi 25 juillet par des manifestants contre la mission des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) dans la ville frontalière de Goma, au moins cinq personnes ont été tuées et une cinquantaine d’autres ont été blessées.
«Au moins cinq morts, une cinquantaine de blessés», a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement qui a condamné les manifestations qui ont dégénéré en attaque et en scène de pillage contre les locaux de la mission, la Monusco. Il a promis de revenir dans une conférence de presse conjointe avec le chef adjoint de la Mission de l’ONU «sur le bilan humain, matériel, ainsi que les conséquences à tirer» de ces graves incidents.
Selon les agences de presse, des centaines de manifestants ont envahi tôt le matin les abords de la base logistiques de la Monusco et ont attaqué le camp de transit de la mission situé hors du centre-ville de Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu. A Beni, ville située à 350 km au nord de Goma dans le Nord-Kivu (est), les activités étaient paralysées par des manifestants anti-Monusco. Dans plusieurs quartiers, des pneus sont brûlés. Des stations-services sont restées fermées ainsi que les magasins et marchés. Des militaires sont déployés sur la route nationale N°4 qui conduit vers labase locale de Monusco dans la ville. La situation était la même à Butembo, important carrefour commercial du Nord-Kivu où les activités étaient paralysées. Devant une base de la Monusco, des manifestants ont été dispersés par les forces de sécurité, selon des témoins cités par les correspondants de presse.
«La Monusco dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma», a écrit la mission onusienne dans un communiqué publié lundi. Le gouvernement congolais avait aussi condamné «toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations Unies», selon son porte-parole M. Muyaya en promettant que «les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés». Présente en RDC depuis 1999, la Monuc (Mission de l’ONU au Congo) qui est devenue la Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC) en 2010, compte actuellement plus 14.000 soldats de la paix.
Le président du Sénat congolais Modeste Bahati avait demandé, le 15 juillet, lors d’un meeting, à la Monusco de «plier bagages» après 22 ans d’une présence qui n’a pu rétablir la paix dans l’est de la RDC. La colère des manifestants anti-ONU est également consécutive au prolongement de l’embargo du conseil de sécurité des Nations Unies sur les armes. La RDC est soumise à une procédure de notification aux Nations Unies avant tout achat d’armes et de munitions. n