Passées les élections locales, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), se tourne déjà vers l’avenir et entend donner un nouveau souffle à son activité politique en prévision du mandat organique prochain.

Le congrès national qui va intervenir dans deux mois, sera l’occasion de s’ouvrir aux différentes couches de la société à travers une refondation profonde des statuts régissant le parti. C’est du moins la principale résolution à laquelle ont abouti les débats échangés lors du dernier conseil national de l’année en cours, tenu vendredi à Alger. A l’issue de cette session ordinaire, le CN « a fixé la tenue du cinquième congrès aux 09 et 10 février 2018 » à l’hôtel Hilton d’Alger, annonce le parti de Mohcine Belabbas, ajoutant que la même instance a décidé aussi de « d’une révision en profondeur des statuts de notre fonctionnement afin d’ouvrir les structures aux différentes catégories sociales et de promouvoir la place des jeunes et des femmes ». A cet effet, la commission programme est appelée, selon les termes des recommandations « à élargir davantage les thématiques aux préoccupations des populations ». De même pour « les mutations profondes dans les modes de communication et la fermeture des médias lourds aux forces de progrès », qui doivent, selon le RCD, constituer une préoccupation centrale de toutes les structures du parti pour rendre plus visible les alternatives au chaos et au statuquo. L’on peut d’ores et déjà supposer que la nouvelle orientation du RCD trouve ses raisons dans les résultats peu convaincants des élections locales du 23 novembre. Le parti de Mohcine Belabbas n’est parvenu à avoir que 37 communes sur les 1541 à pourvoir au niveau national. Dans son allocution d’ouverture prononcée durant la matinée, le président avait déjà donné un aperçu sur le nouveau cap que sa formation doit prendre l’année prochaine. Il s’agit, a déclaré Belabbas, «d’introduire des mécanismes pour une meilleure implication des structures de bases dans la prise de décision, de donner encore plus de place à la représentation féminine, de consolider le rôle des jeunes militants dans l’action et la réflexion et de créer les conditions d’une meilleure participation de notre communauté à l’étranger au renforcement de notre Rassemblement ». il est question, toujours selon le président du RCD, de créer un cadre de réflexion et d’action collectives pour les élus locaux. Pour lui, la majorité des candidats à la dernière élection « ont montré une aptitude à l’action et à l’élaboration d’un discours politique qu’il faudra rentabiliser davantage en dehors des périodes électorales dans la structuration organique et l’animation politique ». Le RCD veut enfin introduire des mécanismes dans ses statuts à même de pérenniser une école de formation politique. Justifiant ses résultats aux dernières locales, le Conseil national du RCD a accusé l’administration d’implication «pour promouvoir des votes utiles en faveur de listes qui sont les mieux placées» pour le battre, citant comme exemples, Tizi Ouzou, Bouira et Boumerdes. « La multiplication de listes dites indépendantes dans nos fiefs est une autre facette de cette volonté de réduire «l’opposition radicale» au profit d’autres acteurs qualifiés de modérés ou «d’indépendants» qui mobilisent et investissent des masses d’argent qu’aucun parti politique y compris ceux du pouvoir ne peuvent exhiber sans risque d’attirer des suspicions», assène le parti. Cependant, faudra-t-il pour autant s’arrêter à ce constat ? « La réponse est évidemment non », tranche les membres du conseil national, estimant que face à ce qu’ils appellent « folklorisation de la vie politique », il s’agit d’apporter des réponses à la détresse de notre jeunesse et au désespoir de larges couches de notre population. Estimant que « la précarité infligée à la majorité de notre peuple est la résultante d’une gouvernance qui s’attache à maintenir un minimum social vital à la faveur de la rentre pétrolière », le RCD juge cette politique d’assistanat « à la fois inopérante et dangereuse ». « Le recours à la planche à billets après avoir injecté 1000 milliards de dollars dans le circuit économique est une hérésie », critique-t-il dans ses résolutions finales.